Moins de suicides en Suisse depuis 15 ans
Suivant les tendances internationales, le nombre de suicides a lentement diminué en Suisse entre 1990 et 2003, avant de repartir à la hausse dès 2004. Par contre, les Helvètes détiennent toujours le record d'Europe du suicide par arme à feu, «grâce» notamment à leurs fusils militaires.
Seul l’avenir dira si l’inversion de tendance observée dès 2004 marque un véritable tournant dans la dynamique de longue haleine, orientée à la baisse. Sur l’ensemble de la période comprise entre 1990 – 2006, le nombre annuel de suicides dans le pays est passé de 1467 à 1308, indique jeudi l’Observatoire suisse de la santé (Obsan).
Le recul est surtout sensible chez les hommes, où l’on passe de 1032 cas à 863 en seize ans. Malgré cela, les hommes qui se donnent la mort restent bien plus nombreux que les femmes. Et ils se «ratent» bien mois souvent..
Cette tendance à la baisse sur le long terme n’empêche pas les décès par suicides de rester trois fois plus nombreux que ceux dus aux accidents de la route. Et le suicide occupe toujours le quatrième rang des causes potentielles d’années de vie perdues, chez les hommes comme chez les femmes.
Les derniers chiffres disponibles (2006) donnent pour la Suisse un taux de suicide de 17,3 pour 100’000 habitants. Un chiffre comparable à celui de la France, mais plus élevé que celui de l’Autriche (15), de l’Allemagne (12) ou de l’Italie (7). A l’inverse, on se suicide nettement plus encore en Lituanie, au Bélarus et en Russie, avec des taux de 30 à 40 cas par année pour 100’000 habitants.
Particularité helvétique: l’usage d’une arme à feu pour mettre fin à ses jours est un des moyens privilégiés. La Suisse connaît sur ce plan un triste record d’Europe. Plus d’un quart des hommes utilisent ce moyen.
Et un tiers environ des suicides par armes à feu sont commis avec «l’arme d’ordonnance», que chaque citoyen-soldat conserve à la maison. Or «de nombreux pays ont pu réduire le nombre de suicides de manière ciblée par le biais de réglementations légale concernant la détention et le stockage des armes à feu», note l’Obsan.
swissinfo.ch et les agences
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