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Nouvelle polémique autour du président du CIO

C'est l'éventuel octroi de la bourgeoisie d'honneur à Juan Antonio Samarach qui pose problème. Keystone Archive

La municipalité de Lausanne va rendre hommage à Juan Antonio Samaranch à l'occasion de son départ de la présidence du CIO. Mais cette démarche protocolaire suscite ces jours une polémique alimentée par le passé franquiste du président du Comité International Olympique.

Le successeur de Juan Antonio Samaranch sera désigné le 16 juillet prochain à Moscou. Pour rendre hommage à l’œuvre du Catalan et à ses multiples retombées pour Lausanne, la municipalité a donc décidé de lui consacrer une fête qui aura lieu vraisemblablement en mai.

Lors de cette cérémonie, le président sortant du CIO recevra les «clés de la capitale olympique». Lausanne accueille en effet le siège du CIO et figure depuis 1993 au rang de capitale dans la Charte olympique.

Reste que cette distinction est jugée insuffisante par une partie au moins de la classe politique lausannoise, essentiellement à droite. Selon elle, Juan Antonio Samaranch mériterait la plus haute distinction que la ville puisse décerner: la bourgeoisie d’honneur.

«Juan Antonio Samaranch a fait énormément pour Lausanne et on évalue à près de 100 millions de francs les retombées annuelles du CIO pour notre ville», plaide le radical Francis Thévoz.

Francis Thévoz ne comprend donc pas que des gens qu’il qualifie de gauchistes analphabètes brandissent le passé franquiste du président du CIO pour lui refuser la citoyenneté d’honneur.

Durant les années 50 et 60, Juan Antonio Samaranch a en effet été délégué de l’Education physique et des Sports pour la Catalogne et ensuite pour l’ensemble de l’Espagne. Il a également siégé aux Cortes (parlement espagnol) comme élu catalan.

Pour Oscar Tosato, président du groupe socialiste au Grand conseil lausannois, cet engagement suffit pour lui refuser la distinction suprême de Lausanne.

«La bourgeoisie d’honneur récompense la vie et l’œuvre d’un homme dans son ensemble. Le passé franquiste de Juan Antonio Samaranch ne peut donc être passé sous silence», justifie Oscar Tosato.

Le responsable socialiste applaudit par contre des deux mains la remise des clés de la capitale olympique au président du CIO pour une action qu’Oscar Tosato est le premier à saluer.

De son côté, Francis Thévoz admet qu’une citoyenneté d’honneur qui ne serait pas accordée à l’unanimité aurait un effet catastrophique: «Mais le syndic aurait dû prendre son bâton de pèlerin pour convaincre les esprits».

L’intéressé, Jean-Jacques Schilt, rétorque que l’unanimité était et reste hors de portée. Le maire lausannois précise également que l’attribution de la bourgeoisie d’honneur est une procédure longue et qu’il est donc trop tard pour changer d’option.

Frédéric Burnand

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