Pascal Couchepin à Bruxelles sur le mode «Je t’aime, moi non plus»
Au lendemain de l’approbation des accords bilatéraux par le peuple suisse, le conseiller fédéral Pascal Couchepin arrive lundi soir à Bruxelles. Une visite prévue de longue date mais qui tombe à pic. Et qui pourrait donner lieu à un dialogue de sourds.
Pascal Couchepin sera reçu mardi par une ribambelle de membres de la Commission européenne, et en premier lieu par son président Romano Prodi. Paradoxalement, la netteté du résultat de dimanche donnera une étrange coloration aux entrevues. En effet, l’interprétation du score varie fortement selon le point de vue.
Pour l’Union européenne, le «oui» massif des Suisses constitue d’abord un soulagement. Les quatre ans de négociations n’auront pas servi à rien. Mais c’est aussi et surtout le signe que la Suisse s’est départie de sa frilosité face aux institutions européennes.
L’ambassadeur Dante Martinelli, chef de la Mission suisse à Bruxelles, observe que c’est «le premier signal clairement positif que la Suisse donne sur un sujet européen». Dimanche après-midi, François Lamoureux, chef négociateur de l’Union pour les accords, a jeté un pavé dans la mare en suggérant à la Suisse de relancer, sans attendre, sa demande d’adhésion.
Le Conseil fédéral, lui, a juré sur tous les tons, avant le vote, qu’il n’interpréterait pas une approbation comme une volonté d’adhérer à l’Union européenne. Il voulait ainsi éviter d’effrayer les «eurosceptiques». D’où la position inconfortable de Pascal Couchepin face à Romano Prodi.
Le chef du département de l’Economie est favorable, à titre personnel, à l’adhésion. Si cela ne tenait qu’à lui, il indiquerait à son interlocuteur bruxellois que le référendum est un premier pas vers une intégration complète. Romano Prodi serait ravi d’entendre un tel discours. La Suisse constitue un cas «facile», comparé aux treize pays candidats.
Romano Prodi et Pascal Couchepin sont faits pour s’entendre, mais la complexité de la situation politique suisse les empêcheront de se congratuler.
Bruxelles, Thierry Zweifel
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