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Play-off sur fond d’agressivité et de violence

Spectaculaire, le hockey n’est pourtant pas plus dangereux qu’un autre sport. Keystone Archive

Les demi-finales du Championnat de Suisse de hockey sur glace opposent depuis mardi Davos à Berne et Zurich à Lugano.

Deux chocs au sommet explosifs qui pourraient déboucher sur des parties très musclées. Avec des risques évidents de blessures.

Le constat est sans appel: les quatre équipes qualifiées dans le dernier carré de la compétition sont celles qui pratiquent un jeu basé essentiellement sur les aptitudes physiques de leurs joueurs.

L’évolution du hockey sur glace fait qu’au niveau national – comme sur le plan international – les performances des joueurs sont désormais davantage fonction des capacités athlétiques que techniques.

Et, si le championnat de Suisse échappe encore un peu à cette dérive des temps modernes durant les 44 rondes qualificatives, le jeu se durcit drastiquement dès le début des play-off.

Enjeux sportifs et financiers obligent, les provocations, les intimidations et les mauvais coups deviennent soudain légion.

La violente charge dont a été victime Dino Kessler lors des premières séries des quarts de finales illustre bien cet état de fait.

Le Genevois souffre d’une luxation de deux vertèbres cervicales et d’une forte commotion. Il a même risqué la tétraplégie.

Emotion et enjeux, un mélange explosif

«A l’image d’autres sports de haut niveau, admet l’entraîneur de Lugano Larry Hurras, le hockey sur glace est un sport de contact. Avec l’émotion et les enjeux relatifs aux séries de play-off, le risque de blessures est inévitable.»

Ceci d’autant qu’avec ce championnat à deux vitesses, les hockeyeurs ne sont pas suffisamment entraînés pour changer leur manière de jouer dès le début des séries finales.

Les mises en échec de l’adversaire demandent de l’exercice et un ‘timing’ bien précis pour être efficace et sans danger.

«Beaucoup de joueurs manquent de pratique et confondent agressivité contrôlée et violence», confirme Reto Bertolotti.

L’arbitre expérimenté de Ligue nationale est un observateur privilégié. C’est d’ailleurs lui qui a été chargé de diriger les deux premières confrontations pimentées de la série entre Zurich et Lugano.

Des cas isolés

Certes très spectaculaire, le hockey sur glace n’est pourtant pas un sport plus dangereux qu’un autre. Les drames restent heureusement des cas isolés (voir encadré).

Ceci contrairement à ce que pourrait laisser supposer la médiatisation des faits et des éventuelles procédures disciplinaires orchestrées par le juge unique de la Ligue nationale, Heinz Tännler.

«Comme dans tous les sports, il y a des morts non naturelles qui sont dues à des malformations préalables dont les athlètes n’ont généralement même pas connaissance, analyse Daniel Blanc. On constate aussi quelques drames dus au hasard. Ni plus ni moins.»

En dehors de la glace

Et le médecin du sport de poursuivre: «Les coups de canne ne peuvent pas entraîner de graves lésions. Ce sont les chocs contre la bande ou bien un adversaire qui constituent le risque majeur.»

Appuyées et réalisées au moment où l’adversaire ne s’y attend pas, les mises en échecs sont comparables à un «coup du lapin» consécutif à un accident de la route.

L’énergie cinétique étant égale à la masse multipliée par la vitesse au carré, les chocs peuvent être conséquents.

Il n’empêche que, de l’agressivité inhérente à la pratique du hockey sur glace à la violence gratuite, la frontière est ténue.

«Mais, relativise Philippe Ducarroz, journaliste sportif à la Télévision suisse romande, les principales violences qui ont défrayé la chronique se passaient en dehors de la glace.»

swissinfo, Mathias Froidevaux

Les demi-finales opposent:
Zurich à Lugano
Berne à Davos
Deux affiches explosives, ‘remake’ exact des confrontations de l’an dernier qui avaient donné lieu à passablement de débordements.

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