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Protection de l’Etat: les extrémistes de droite inquiètent la police fédérale

Le chef de la Police fédérale, Urs von Daeniken. Keystone

Dans son rapport 1999, la Police fédérale constate la progression et le rajeunissement des milieux d’extrême droite en Suisse. Au plan international, elle met en garde contre le développement des systèmes d’écoute.

Le rapport sur la protection de l’Etat 1999, publié lundi par le Département fédéral de justice et police, met surtout l’accent sur la progression de l’extrême droite à l’intérieur du pays. Le mouvement, qui a notamment gagné des membres en Suisse alémanique, est désormais dominé par les skinheads. Un courant dont le noyau dur représente quelque 600 à 700 membres.

Plus grave, ces milieux ont tendance à attirer toujours plus de jeunes. «L’âge moyen de la majorité des skinheads se situe entre 16 et 22 ans, précise Urs von Daeniken, chef de la Police fédérale. Mais il faut ajouter que l’on trouve des mineurs dans presque tous les groupes».

L’autre source d’inquiétude de la Police fédérale concerne la propension à la violence observée au sein des groupes d’extrême droite. L’an dernier, à plusieurs reprises, la police a effectué des saisies d’armes dans ces milieux. Elle a également enregistré une nette recrudescence des attaques perpétrées contre des foyers de demandeurs d’asile. «De trois en 1998, elles sont passées à onze l’an dernier, souligne Urs von Daeniken».

Non contente d’avoir durci ses positions et multiplié ses activités sur le territoire, l’extrême droite suisse a également étendu ses contacts avec l’étranger. Une évolution qui s’explique, en partie, par le développement des nouveaux moyens de communications, comme l’Internet, et par une mobilisation générale des mouvements extrémistes au niveau européen.

Mais le rapport sur la protection de l’Etat 1999 s’intéresse aussi aux dangers provenant de l’extérieur. Il souligne ainsi le développement planétaire de l’écoute clandestine. En effet, les nouvelles technologies de l’information et les réseaux de données sont devenus d’immenses sources de renseignement pour les Etats, mais aussi pour les particuliers. Ils favorisent ainsi l’espionnage notamment dans le domaine économique.

A titre d’exemple, en Suisse entre 1980 et 1999, sur 131 affaires d’espionnage mises au jour, 89 concernaient des cas d’espionnage économique. Et le Département fédéral de justice et police de souligner que, si en matière d’écoute clandestine, le système américano-britannique «Echelon» est le plus connu, plus de 30 autres services de renseignements sont actifs sur la planète.

Vanda Janka



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