Renforcer à tout prix la lutte contre le trafic de cigarettes
La Suisse doit renforcer son arsenal contre la contrebande de cigarettes. Le constat émane du procureur de la Confédération Valentin Roschacher. Les pressions internationales subies par la Suisse sur cette question «ne sont pas totalement infondées».
Invité samedi à Zurich à l’occasion du rapport 2000 de la Division de campagne 6, Valentin Roschacher a déploré que la contrebande de cigarettes ne soit pas considérée comme un délit au sens du code pénal. Cette activité relevant simplement de l’infraction douanière, la Suisse ne peut pas donner suite aux demandes d’entraide judiciaire.
«Nous ne pouvons et ne devrions plus nous permettre que des bandes mafieuses puissent profiter des lacunes de la législation suisse. Les délinquants ne doivent pas non plus pouvoir profiter du fait que les poursuites sont rendues plus difficiles dans les pays intéressés parce que la Suisse ne peut pas fournir l’entraide judiciaire nécessaire», a-t-il notamment déclaré.
Comme l’armée, la poursuite pénale en matière de criminalité organisée ne peut pas se cantonner aux frontières nationales, a souligné le procureur de la Confédération. Cela vaut avant tout pour la lutte contre le blanchiment d’argent.
Pour Valentin Roschacher, cet élément constitue le «talon d’Achille» de la criminalité organisée. C’est par le blanchiment d’argent que l’on peut dépister ses structures et atteindre ses cerveaux.
Mais, à ce niveaux, la poursuite pénale a elle aussi son «talon d’Achille», c’est-à-dire la collaboration internationale. Celle-ci constitue un point fort de son travail en tant que procureur de la Confédération, a relevé Valentin Roschacher. «On ne peut pas tolérer que la collaboration internationale de la criminalité organisée fonctionne mieux que celle des autorités de poursuite.»
Selon le procureur de la Confédération, l’alpha et l’omega de la lutte contre la criminalité organisée sont des lois ciblées, ainsi qu’une poursuite pénale efficace, rapide et professionnelle. Le renforcement des autorités de poursuite fédérales – en compétences, en personnel et en moyens financiers – doit aussi contribuer à la mise en oeuvre de ce dernier point, a-t-il fait valoir.
swissinfo avec les agences
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