Sepp Blatter joue son va-tout
Le compte à rebours a débuté pour le Suisse. L'élection à la présidence de la FIFA est prévue mercredi. Dernières passes d'armes dans la capitale sud-coréenne.
La Coupe du monde démarre ce vendredi à Séoul. Mais, en Corée du Sud et au Japon, tous les regards sont rivés sur les deux Congrès de la FIFA qui se tiennent mardi et mercredi.
Avec, comme point d’orgue, l’élection présidentielle mettant aux prises le Suisse Sepp Blatter au Camerounais Issa Hayatou. Dans un duel qui s’annonce toujours plus indécis au fil des heures et au gré des manœuvres de dernière minute.
Les dettes de la FIFA
Le Congrès extraordinaire de mardi était consacré à l’épineux problème des questions financières de la FIFA. Il se tenait dans la foulée des faillites retentissantes du groupe de marketing ISL (mai 2001), puis du groupe allemand Kirch (avril 2002), deux empires qui avaient acheté au prix fort les droits audiovisuels des Coupes du monde 2002 et 2006.
A combien se montent les dettes de la FIFA? Sepp Blatter n’en démord pas: elles ne dépassent pas les 51 millions de francs. Mais ses rivaux au sein du comité exécutif de la FIFA articulent des sommes bien plus importantes. Pour autant, ils n’ont pas pu relancer la polémique mardi à Séoul.
Comme un match de foot
Le Congrès ordinaire de la FIFA est attendu mercredi avec encore plus d’impatience. Successeur depuis 1998 de l’omnipotent Brésilien Joao Havelange, Sepp Blatter aspire à un nouveau mandat de quatre ans. Face à lui, le président de la Confédération africaine essaie de lui barrer la route.
«Je crois toujours plus en mes chances, martèle Issa Hayatou, je suis persuadé que je vais m’imposer.» Plus réservé, Sepp Blatter, lui, s’en tient à son discours optimiste. «Je compte au moins 130 associations en ma faveur sur les 199 qui seront habilitées à voter, cela devrait suffire.» Avant d’ajouter: «Mais c’est comme un match de football, vous n’êtes jamais à l’abri d’un penalty de dernière minute».
La peau de Sepp Blatter
Ces derniers mois, Sepp Blatter a été lâché par plusieurs personnages de premier plan. A commencer par son secrétaire général, Michel Zen-Ruffinen, qui persiste et signe en dénonçant le «système Blatter» et des cas de corruption.
Le secrétaire général est bien aidé dans sa mission par cinq des sept vice-présidents de la FIFA. Qui se sont jurés d’avoir la peau de Sepp Blatter.
En tête de liste figure le Suédois Lennart Johansson (président de l’UEFA). Mais on trouve aussi le Sud-Coréen Chung Mong-Joon, l’Italien Antonio Matarrese, l’Ecossais David Mill et le Camerounais Issa Hayatou. Tous ont déposé une plainte devant la cour du canton de Zurich pour mauvaise gestion.
Qui aura le dernier mot?
Quel que soit le déroulement du Congrès et le résultat des élections, la crise au sein de la FIFA ne sera sans doute pas résolue. Une commission d’audit interne devra encore livrer ses résultats.
Mais, de son côté, Sepp Blatter est bien décidé à demander des comptes à ceux qui «ont mis le feu à la maison FIFA sans apporter de preuves». Reste à savoir qui aura le dernier mot.
Gabriel Nadav, Séoul
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