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Soupçonné en Suisse, inculpé en Israël

Soupçonné depuis plusieurs années de blanchiment par la Suisse, la France et les Etats-Unis, l'Ukrainien Mikhaïl Tchernoï vient d'être inculpé en Israël.

Interdit de séjour en Suisse, cet ancien magnat de l’aluminium coule, depuis quelques années, des jours paisibles en Israël.

Coulait… Car l’Etat hébreu a décidé de ne plus fermer les yeux sur ses ressortissants originaires de l’ancienne URSS. La justice israélienne vient d’inculper Mikhaïl Tchernoï pour «fraude fiscale».

Mais, en fait, comme la Suisse, la France et les Etats-Unis, Israël soupçonne l’homme d’affaires d’avoir tenté de blanchir de l’argent sale grâce à des montages financiers.

Reste à savoir ce qui a poussé les Israéliens à agir? Peut-être, les liens financiers qui unissent Mikhaïl Tchernoï et l’Ouzbek Gregori Louchanski.

Pour mémoire, Gregori Louchanski est l’un des personnages-clé de la vaste opération anti-mafia «toile d’araignée», lancée la semaine dernière par les polices italienne, française et suisse contre la mafia russe.

En prison pendant deux jours

A l’instar de Mikhaïl Tchernoï, les hommes d’affaires des républiques de l’ancienne Union soviétique apprécient la place financière genevoise et l’une de ses spécialités, le trading.

D’ailleurs, trois des géants de l’aluminium russe possèdent des sociétés à Genève, Morges et Fribourg.

Mikhaïl Tchernoï a fait fortune en créant avec son frère Lev TransWorld Group. Qui est rapidement devenu le troisième producteur mondial d’aluminium.

Or, ce géant possédait près de 200 sociétés offshore. Dont l’activité principale était de faire circuler l’argent à une vitesse vertigineuse.

La justice genevoise a retrouvé la trace de près d’un milliard de francs ayant transité par la Suisse. Elle a d’ailleurs emprisonné Mikhaïl Tchernoï en 1996.

Mais pendant deux jours seulement. Car elle a été contrainte de relâcher l’homme d’affaires faute de preuve.

Soupçonné de liens avec le crime organisé, l’homme d’affaires a tout de même écopé d’une interdiction de séjour en Suisse.

«Des méthodes de bandits»

Depuis, Mikhaïl Techernoï s’évertue à brouiller les pistes. Il a quitté TransWorld Group en 1997 pour s’allier à d’autres oligarques russes.

Avec Roman Abramovitch et Oleg Deripaska (qui s’est vu interdire l’entrée du Forum de Davos en 2001), il a créé Rouski Aluminium qui contrôlerait 75 % de la production russe.

Or, la justice suisse s’intéresse aussi à cette nouvelle société. D’autant qu’elle est montrée du doigt par Mikhaïl Jivilo, également magnat de l’aluminium et propriétaire de la Base Metal Trading AG à Fribourg.

Mikhaïl Jivilo affirme qu’on lui a volé une usine en Russie, à Novokouznetski. «En utilisant, dit-il, des méthodes de bandits».

Mikhaïl Jivilo accuse Alpro, une société installée à Morges. Elle serait liée à Rouski Aluminium, et donc contrôlée par Mikhaïl Tchernoï.

swissinfo/Ian Hamel

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