Suisse-Yougoslavie: le match de la dernière chance
La rencontre contre la Yougoslavie est la dernière possibilité pour la Suisse d'envisager le Mondial 2002. Sa répétition générale à Vienne a été probante. Reste à la Nati de démontrer, samedi soir à Bâle, la même efficacité.
Avant l’arrivée de Köbi Kuhn à la tête de l’équipe de Suisse, la formation nationale n’était qu’une sélection des meilleurs footballeurs suisses. Puis, les chroniqueurs spécialisés du pays ont décelé la volonté, chez le nouveau staff mis en place, de créer un Football Club Suisse.
Une véritable famille
Aujourd’hui, Köbi Kuhn ne s’en cache pas, il désire former avec ses internationaux «une véritable famille», où, comme il le dit, «on lave son linge sale entre quatre murs et non pas dans la cage d’escalier!»
«Je crois que les joueurs ont compris mon message», déclare Köbi Kuhn. «Mais peut-être faudra-t-il que nous perdions quelques matches avant d’atteindre notre but!»
Reste que le premier test à Vienne s’est avéré très positif. Non seulement, la Suisse a battu l’Autriche, tout de même 2e du groupe éliminatoire de Coupe du monde derrière l’Espagne, mais elle a surtout joué comme Köbi Kuhn l’avait souhaité.
Pour un coach national, c’est forcément une grande satisfaction. D’autant que c’était son premier match à la tête de l’équipe nationale. Et même si la joie de Köbi Kuhn a paru retenue, il n’en fut pas moins fier de la performance et de l’état d’esprit affiché par «son FC Suisse».
La force de persuasion de Kuhn
Outre la victoire sur l’Autriche en match amical, l’exemple le plus probant de la force de persuasion de Köbi Kuhn est d’avoir réussi à convaincre Kubilay Türkylmaz de revenir servir la Suisse.
On se souvient à quel point l’ancien footballeur d’origine turque avait été vexé par les propos racistes tenus à son encontre. Ce qui l’avait poussé à ne plus vouloir entendre parler de l’équipe nationale de football.
«Le courant a de suite passé entre nous, confesse Köbi Kuhn. Je lui ai simplement dit que la Suisse avait besoin des meilleurs, fussent-ils trente-trois dans le contingent».
La clé du match de samedi? «D’abord, il faut vraiment croire que l’on peut gagner, explique Köbi Kuhn. Puis, respecter l’adversaire, mais surtout ne pas en avoir peur. Ensuite, le provoquer à commettre des erreurs par un pressing permanent».
Prises de risques individuels
«Et surtout, jouer à ras de terre et à une touche de balle, de manière simple et rapide, poursuit Köbi Kuhn. Avec un maximum de prises de risques individuels dans le dribble pour créer des espaces ainsi que par des tirs au but pour tenter notre chance.»
«Cela ne me gêne pas du tout qu’un joueur rate un geste technique, l’essentiel est qu’il ait essayé. Et même si on en a souvent l’impression, tient à préciser Köbi Kuhn, ce n’est pas vrai que nos footballeurs sont moins bons que ceux des autres nations.»
Cette réflexion n’a l’air de rien, mais elle est de la plus haute importance sur le plan psychique. Car elle change complètement l’état d’esprit d’un joueur et d’une équipe à son entrée sur le terrain.
Emmanuel Manzi
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