Syndrome des Balkans: la Suisse dans l’expectative
Les tests d´Oerlikon-Contraves avec de l´uranium appauvri font-ils encore courir un danger à la population suisse, trente ans après les tirs? La réponse se fera attendre. L´entreprise et l´administration fédérale s´activent pour tirer l´affaire au clair.
Lundi s’est tenue à Berne une première réunion du comité «radioactivité». Constitué pour la circonstance, il regroupe les représentants des offices fédéraux directement ou indirectement concernés. Ses premières conclusions ne seront toutefois divulguées que mardi, à l’occasion d’une conférence de presse.
Mardi également, la Commission de politique de sécurité du Conseil national s’interrogera à propos des munitions à l’uranium appauvri. Le socialiste bernois Paul Günter en profitera pour étendre le débat à l’ensemble des métaux lourds et aux dangers qu’ils représentent.
En 1997 déjà, la Commission avait demandé des explications sur les munitions au tungstène, mais il lui avait été répondu que ce métal ne présentait aucun danger.
Autre question en suspens: celle des autorisations. Aujourd’hui, personne ne pourrait plus tester de produits radioactifs sans l’aval de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Mais, cela n’était pas forcément le cas à l’époque. L’OFSP recherche donc les traces d’une éventuelle autorisation qui aurait été délivrée à Oerlikon-Contraves.
Du côté de l’entreprise zurichoise, on s’est contenté lundi de confirmer que ces essais avaient bien eu lieu, mais sans donner davantage de précisions pour l’instant. L’enquête interne est en cours.
A côté de ces questions, les autorités cantonales et communales ont également dû se pencher sur un possible danger pour la santé. Lundi, Jakob Fässler, président de la commune schwytzoise d’Unteriberg, a déclaré qu’il ne voyait aucune raison d’intervenir sur le site où ont eu lieu ces tirs.
Il a également confirmé que le responsable actuel de la place de tirs souffre d’une leucémie, en précisant qu’à l’époque des essais, il se trouvait en Angleterre. Le lien entre son mal et l’uranium appauvri est donc loin d’être établi.
Au niveau cantonal, le Département schwytzois de l’environnement dit attendre la fin de l’enquête, mais son chef Martin Zumstein semble avoir fait sienne la conviction que «selon les connaissances scientifiques actuelles, la population ne court aucun risque».
L’affaire du syndrome des Balkans n’en continue pas moins à faire des remous jusqu’à Bruxelles. Lundi également, le comité médical de l’OTAN a tenu une réunion à huis-clos, dont les résultats seront eux aussi divulgués mardi, à la faveur d’une conférence de presse.
swissinfo avec les agences
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