Tchétchénie: inquiétude et impatience au CICR
Les allégations de plus en plus nombreuses de violations des droits de l’homme par l’armée russe en Tchétchénie inquiètent le CICR. Ses délégués ne sont toujours pas autorisés à rendre visite aux prisonniers de guerre ni à se rendre à Grozny.
Les allégations de plus en plus nombreuses de violations des droits de l’homme par l’armée russe en Tchétchénie inquiètent le CICR. Ses délégués ne sont toujours pas autorisés à rendre visite aux prisonniers de guerre ni à se rendre à Grozny.
«Les souffrances provoquées par les bombardements à l’aveugle et le mépris affiché à l’égard des civils ne doivent pas être encore aggravés par la négation des droits de l’homme les plus élémentaires en Tchétchénie». Ces propos sont de Mary Robinson, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme. Elle n’est pas la seule, ces jours-ci, à déplorer le manque de collaboration du gouvernement russe qui n’a encore autorisé personne à vérifier sur place les rapports les plus alarmants.
Le Comité International de la Croix-Rouge ne fait pas mystère de ses inquiétudes, surtout depuis qu’il connaît l’existence de lieux spéciaux de détention, appelés «points de contrôle» ou «camps de filtration». Des prisonniers tchétchènes y subiraient des mauvais traitements, tortures et autres exactions. Depuis plusieurs semaines, la délégation du CICR à Moscou a demandé à différentes autorités et instances russes de pouvoir visiter les lieux de détention liés au conflit tchétchène. Mais ses démarches sont toujours restées sans réponses.
Aujourd’hui, cette question est devenue prioritaire et appelle, selon le CICR, une solution prise au sommet de la hiérarchie. Il demande donc à rencontrer les plus hautes autorités du gouvernement en vue de conclure un accord de principe sur ses activités humanitaires. Un rendez-vous entre le président Vladimir Poutine et le président du CICR Jakob Kellenberger n’est pas exclu. Mais, en l’état, rien de précis, aucune date et aucun nom, n’ont été inscrits sur les agendas.
Sur le fond, la position du CICR est on ne peut plus claire: il réclame l’accès à tous les lieux de détention et à tous les prisonniers du conflit tchétchène, sans témoins, et au cours de visites répétées, selon les règles appliquées dans toutes les guerres. Il demande aussi à pouvoir retourner à Grozny dont il n’a quasiment plus aucune nouvelle vérifiable, tant du côté des 20’000 personnes qu’il assistait avant de devoir quitter les lieux que du côté de ses informateurs et contacts privilégiés.
Bernard Weissbrodt
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