Tour de Suisse: la revanche des sprinters
L'Allemand Erik Zabel a remporté, au sprint, la seconde étape de la boucle nationale. Sursaut d'orgueil avant la première étape de montagne.
Piégés par leur attentisme et leur désorganisation dans l’étape de Schaffhouse, les sprinters ont redressé la tête dans les Grisons. L’un des meilleurs d’entre eux, l’Allemand Erik Zabel, s’est imposé au terme des 191,1 kilomètres séparant Schaffhouse de Domat/Ems, une bourgade de 6 000 âmes. Mais le Français Eddy Lembo conserve son maillot jaune.
Tentative d’échappée
«Pour nous, la victoire de Zabel, leader du classement UCI, est une superbe récompense», relève un membre du comité local d’organisation. Cette victoire, le coureur de la Telekom est allé la chercher avec toute sa science de cet exercice périlleux. Et ce, au grand désespoir de Sven Teutenberg, membre de l’équipe suisse «Phonak», battu d’un pneu.
A 32 ans, Erik Zabel a signé sa 17e victoire de la saison, la 158e de sa carrière professionnelle. Dix ans de fidélité à l’équipe Telekom! Les Suisses, eux, sont restés discrets. Le meilleur d’entre eux, Markus Zberg, vainqueur d’une étape en 1998 à Ulrichen, pointe en 13e position.
Le Fribourgeois Christian Charrière et le champion de Suisse Martin Elmiger ont tout de même tenté de s’échapper à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. En vain.
Place à la montagne
Les premiers kilomètres de hors-d’œuvre avalés, le Tour de Suisse aborde le plat de résistance, la montagne. Dès vendredi avec une étape de 160,2 kilomètres de Domat/Ems à Samnau. Une zone franche à l’extrême pointe orientale des Grisons, coincée entre l’Autriche et l’Italie. Et qui, juridiquement, dépend des autorités suisses.
De ce premier rendez-vous avec la montagne devraient se dégager quelques enseignements sur les candidats à la victoire finale. «C’est une étape très accidentée avec la montée en paliers sur Davos, puis le passage de la Fluela», explique Laurent Dufaux.
Avant de poursuivre: «Quant à la côte finale conduisant à Samnau elle devrait en surprendre plus d’un. Elle est très difficile dans sa première partie. Dans l’enchaînement, une petite descente offre un temps de récupération avant le final.»
Premier grand rendez-vous
Pour le Vaudois, cette étape est importante. Car Laurent Dufaux l’aborde en guise de test suite à son stage en altitude de trois semaines à Silvaplana. Si la première semaine a été consacrée à l’acclimatation, les deux suivantes ont été marquées par une grosse charge de travail: 17 cols franchis, soit 18 000 mètres de dénivellation!
Comme le Vaudois, les meilleurs Suisses abordent ce premier rendez-vous avec confiance. Steve Zampieri en tête. Mercredi, dans l’étape de Schaffhouse, le jeune Neuchâtelois a fait partie du petit groupe d’attaquants lors de l’ascensions du col de troisième catégorie.
«Il s’agissait d’un test, explique-t-il. Je voulais savoir si mes jambes répondaient. Car je n’étais pas très bien en début d’étape». S’il bénéficie d’une belle marge de liberté au sein de son équipe, Steve Zampieri ne pourra pas attaquer à tout-va. Il se doit en effet de jouer la carte de son leader Peter Luttenberger, vainqueur du Tour de Suisse en 1996.
L’Autrichien s’y était révélé, réalisant un numéro étourdissant dans l’étape entre Ascona et Grindelwald, par la Grande Scheidegg. Dans la foulée il avait terminé 5e du Tour de France avant de retomber dans l’anonymat…
swissinfo/ Pierre-Henri Bonvin, Domat/Ems
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