Trafic d’armes depuis l’Argentine : 200 000 dollars passent par Zurich
La Swiss Bank Corporation de Zurich aurait vu passer un transfert bancaire de 200 000 dollars liés à des ventes d'armes illégales de l'Argentine vers la Croatie et l'Equateur. Une opération qui met en cause l'ancien président Carlos Menem, aujourd'hui âgé de 71 ans.
En août dernier, l’Argentine adressait trois demandes d’entraides judiciaires à Berne, lui demandant de bloquer des comptes bancaires. Falco Galli, le porte-parole de l’Office fédéral de la justice soulignait alors que les informations fournies par Buenos Aires n’étaient pas assez complètes pour engager de telles mesures. L’Argentine ne précisait pas où pouvait se trouver l’argent illicite.
Fait nouveau, la justice a retrouvé cette semaine un mouvement de 200 000 dollars à la Swiss Bank Corporation de Zurich. L’AGEFI, le quotidien financier, qui révèle cette information, affirme qu’un autre compte a été mis à jour » au Credit Suisse First Boston sous le couvert de la société Mallorca Entreprises, dont Menem est actionnaire à 75 % » .
Des armes pour la Croatie en guerre
Que reproche-t-on à l’ancien président de l’Argentine de 1989 à 1999 ? Il est accusé d’avoir été le chef d’une » association illicite » et d’avoir dirigé en 1991 et 1995, avec quatre de ses ministres, un trafic d’armes vers la Croatie et l’Equateur. Or, la Croatie, pays belligérant dans les guerres des Balkans, était soumise par l’ONU à un strict blocus de vente d’armes. Et l’Equateur se battait contre le Pérou en 1995 pour un problème frontalier.
De plus, les 6500 tonnes d’armes et de munitions, prévelées sur les stocks de l’entreprise d’Etat Fabricaciones Militares, auraient dû rapporter quelques 100 millions de dollars à l’Argentine. Le Pays n’en a encaissé que 40. Le reste se serait perdu dans » la pampa » des intermédiaires.
Cette affaire, qui met en cause une quarantaine de hauts dignitaires de l’Argentine, comme Carlos Menem, Emir Yoma, son ex-beau-frère et ex-conseiller présidentiel, ainsi qu’Erman Gonzales, ancien ministre de la Défense, a aussi provoqué la mort de 25 personnes. Le propre fils de Carlos Menem, décédé en mars 1995 dans le crash d’un hélicoptère, a peut-être été victime d’un attentat.
Ian Hamel
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