Tribunal pénal international pour le Rwanda: le succès de Carla del Ponte
Après plus de trois mois de suspension, le Rwanda a annoncé qu’il allait reprendre sa coopération avec le Tribunal pénal international (TPR). C’est une victoire diplomatique pour le procureur général, la Suissesse Carla del Ponte.
Après plus de trois mois de suspension, le Rwanda a annoncé qu’il allait reprendre sa coopération avec le Tribunal pénal international (TPR). C’est une victoire diplomatique pour le procureur général, la Suissesse Carla del Ponte.
Souriante et détendue après un entretien avec l’homme fort du Rwanda, le vice-président Paul Kagamé, Carla del Ponte a exprimé sa satisfaction de voir la coopération entre le tribunal et les autorités continuer comme avant, «peut-être même mieux qu’avant», a-t-elle ajouté.
En novembre dernier, l’annonce de la décision prise par la Cour d’appel internationale de relâcher pour vice de procédure le présumé génocidaire Jean Bosco Barayagwiza avait provoqué au Rwanda un véritable scandale. En signe de protestation, le gouvernement avait alors suspendu toute coopération avec le TPIR.
Dès l’annonce de la décision, Carla del Ponte avait affirmé qu’elle partageait la surprise et le mécontentement des autorités, et qu’elle allait tout faire pour obtenir révision. Elle avait été accueillie fraîchement au Rwanda en décembre: aucun officiel ne l’avait reçue.
Mais le gouvernement a finalement reconnu et apprécié sa volonté d’empêcher la relaxe de Jean Bosco Barayagwiza. Carla del Ponte se charge désormais elle-même du dossier et elle plaidera le 22 février prochain contre la décision de la Cour d’appel.
En attendant, les enquêtes sur le terrain vont pouvoir reprendre, et les témoins rwandais obtenir l’autorisation de se rendre à Arusha. La menace de blocage de l’ensemble du processus judiciaire est donc écartée.
Au-delà, même si Carla del Ponte affirme parler seulement au nom du bureau du procureur, c’est le tribunal tout entier, son image et sa réputation, qui bénéficient aujourd’hui de la ténacité de la magistrate.
Virginie Gomez, Kigali
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