Türkylmaz refuse sa sélection nationale
L'attaquant luganais, Kubilay Türkylmaz, a finalement décliné la sélection nationale suisse. Qui affrontera la Yougoslavie (24 mars) et le Luxembourg (28 mars) pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde de football 2002.
A la fin de la semaine passée, le petit monde du football suisse apprenait que Kubilay Türkylmaz ne voulait plus jouer avec l’équipe nationale. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté de le faire revenir sur sa décision.
En effet, après le coach national, Enzo Trossero, dimanche, le délégué aux équipes nationales, Ernst Hämmerli, a lui aussi fait le déplacement du Tessin. Pour tenter de convaincre l’attaquant luganais Türkylmaz de continuer à jouer avec la Suisse en Coupe du monde.
Même le président du FC Lugano, Helios Jermini, et l’agent de Kubilay Türkylmaz, Andrea Zarro, ont participé à l’entretien. C’est dire l’importance que les personnalités du football suisse ont attribué à l’international luganais.
Ce vendredi, Enzo Trossero commente le refus de l’attaquant vedette: «Kubi semble avoir définitivement renoncé à l’équipe nationale suisse».
«D’une part, précise le coach national, Kubi se dit très marqué par les manifestations de racisme, dont il a été victime, à St-Gall, en championnat. D’autre part, il souffre de douleurs dorsales sérieuses.»
Sans doute que derrière ces raisons légitimes s’en cachent quelques autres. Risquons l’interprétation.
La Suisse joue mal. Elle a d’ailleurs perdu un match capital à domicile face à la Russie. Comment, dès lors, concevoir qu’elle puisse aller battre la Yougoslavie, à Belgrade?
L’exemple de la cinglante défaite amicale de 4 à 0 devant la Pologne, à Chypre, a certainement conforté cette appréciation, dans la tête des indécis.
Or, Türkylmaz a toujours entretenu une relation d’amour-haine avec la Nati. Déjà à l’époque florissante du Mondial 94, aux Etats-Unis, avec Roy Hogdson, Kubilay avait été écarté de la Sélection nationale. Alors qu’il aurait eu parfaitement sa place. (Même si Knupp s’avérait être un meilleur complément pour Chapuisat).
Peut-être que la solution est à puiser chez les champions du monde et d’Europe. L’entraîneur de l’équipe de France 1990, Aimé Jacquet, avait finalement renoncé à sélectionner le «king» de Manchester United, Eric Cantona. Et les résultats lui ont donné raison.
Emmanuel Manzi
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