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Un Genevois pousse Time Warner au Tribunal fédéral

Dans la série "Friends", les six amis se réunissent au café "Central Perk". Keystone Archive

La justice permet à un cafetier d'utiliser le nom «Central Perk», tiré du feuilleton américain «Friends», pour son établissement. Mais une bataille devant les Tribunaux est engagée avec le géant de l'audiovisuel Time Warner.

Cela ressemble à l’histoire de David face à Goliath. Pourtant ici les faits ne relatent pas une épopée biblique, mais une bagarre judiciaire concernant un nom issu de la célèbre série TV «Friends».

Ce feuilleton, produit par le colosse Time Warner, raconte la vie rocambolesque de six New-Yorkais dans la trentaine. Les protagonistes se retrouvent dans un café imaginaire nommé «Central Perk». L’endroit fait figure de quartier général. Des centaines de chaînes à travers le monde diffusent cette série.

C’est donc en regardant sa télévision que Louis Perdrizat a l’idée d’ouvrir un bar dont l’esprit s’inspire de celui qui apparaît à l’écran. En novembre 1998, ce Genevois dépose le logo «Central Perk» auprès de l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle.

Louis Perdrizat se retrouve titulaire de ce nom dans une vingtaine de pays et envisage de promouvoir l’expansion de cafés «Central Perk». En février 2000, il ouvre un bar à Genève, bien évidemment baptisé «Central Perk».

De l’autre côté de l’Atlantique, Time Warner ne l’entend pas de cette oreille. Lorsque la compagnie apprend que ce logo est utilisé pour un café, elle exige que Louis Perdrizat annule l’enregistrement de cette marque. Et elle engage une procédure judiciaire à Genève. La société demande également l’arrêt du site Internet «centralperk» sur lequel Louis Perdrizat présente son établissement.

La Warner estime que «Louis Perdrizat a copié sans aucun effort créatif, le nom et le logo dont nous détenons les droits.» Début août 2000, elle dépose une requête en mesures provisionnelles pour interdire au Genevois d’utiliser son label et son site Internet.

Mais le 3 novembre, la Cour de Justice de Genève rend une Ordonnance où elle rejette la demande du géant américain. Louis Perdrizat peut donc pour l’instant poursuivre l’exploitation de son café sous son nom actuel.

«Les arguments de la Warner n’ont pas convaincu la Cour, qui a souligné qu’il ne pouvait y avoir de concurrence déloyale ou de confusion entre les marques lorsque l’activité économique des protagonistes n’est pas similaire. Cela s’applique également au nom de domaine protégé par Louis Perdriza», précise Jaroslaw Grabowski, avocat du cafetier.

En décembre, Time Warner dépose un recours de droit public au Tribunal fédéral pour faire annuler cette ordonnance. Elle estime «qu’il est illicite de copier un logo et de profiter de la renommée d’une marque notoire sans autorisation. En plus, il y a un risque de confusion car le consommateur pense qu’il y a un lien entre ce café et nous.»

En attendant la décision du Tribunal fédéral, Louis Perdrizat se déclare ouvert à des négociations pour trouver un accord à l’amiable. «Je ne veux pas d’argent, mais je désire simplement pouvoir développer le concept «Central Perk Café» en Suisse et en Europe via un système de franchises», précise le cafetier.

Luigino Canal

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