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Autoroute vide

Aujourd’hui en Suisse

Bonjour à vous, Suisses d’ici et du monde,

Comme le monde est calme! Depuis un mois et demi, les humains bougent nettement moins et la Planète leur dit merci. Les Suisses ne font pas exception. Les statistiques montrent que le confinement n’est pas un vain mot entre Alpes et Jura.

Mais sous le calme bouillonne la prochaine tempête, avec tous les dégâts qu’aura causé cet arrêt forcé de l’activité. Ce sera l’occasion de tester la solidité du filet social. S’il est bon en Suisse, il est parfois inexistant ailleurs. Retrouvez ici le témoignage de trois Suisses de l’étranger qui avec la crise auront tout perdu.

Bonne lecture,


Autoroute vide
Keystone / Anthony Anex

Sans interdiction formelle de sortir, les Suisses sont restés bien confinés depuis le 16 mars. Les autorités ont misé sur la responsabilité individuelle, et cela a plutôt bien marché.

Commerces «non essentiels», bars, restaurants, cinémas, écoles: ici comme ailleurs, tout est fermé et les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits. Pourtant la Suisse n’a pas instauré de couvre-feu. Le «restez chez vous» est une recommandation, pas un ordre. Mais les citoyens la suivent.

Du coup, les gens se déplacent nettement moins. Les avions ne volent plus, les trains se font rares, ils sont presque vides et les bouchons ont disparu des autoroutes.

Ces nouvelles habitudes survivront-elles à la crise? En tous les cas, certaines choses ne seront plus jamais comme avant. Se déplacer moins et travailler depuis la maison pourraient bien devenir de nouveaux modes de vie.

Manifestante
Keystone / Martial Trezzini

Avec la crise économique et le chômage qui se profilent, il faut préserver la société suisse de l’effondrement. C’est l’avertissement lancé par des économistes et des chercheurs en sciences sociales.

Les personnes les plus vulnérables – indépendants, mères célibataires, retraités, marginaux – risquent d’être écartées des programmes d’aide. Et la Suisse a enregistré, au début du mois d’avril, sa plus forte augmentation de chômage sur une courte période.

Ces inégalités sociales peuvent devenir une menace pour la démocratie. Mais la Suisse dispose de certains atouts pour enrayer cette tendance. La démocratie directe est un, tout comme la qualité du système éducatif et l’État social fort.

Si la situation est tendue pour certains en Suisse, elle peut l’être encore bien plus dans d’autres pays. Surtout quand on est un expatrié. Certains Suisses de l’étranger en font l’expérience, au Portugal, en Floride ou en Argentine.

Thailande
Keystone / Narong Sangnak

Si le coronavirus a révélé un racisme latent envers les Asiatiques en Europe, la tendance s’est inversée et ce sont désormais les Européens qui sont regardés de travers en Asie. Ainsi la Thaïlande, «pays du sourire», tend depuis peu à montrer aux étrangers un visage peu amène.

Avec plus de 39 millions de touristes recensés en 2019, dont quelque 210’000 Suisses, le royaume est habitué à recevoir le monde entier. Et la cohabitation se passe généralement bien. Pourtant, depuis que l’Europe est devenue le foyer le plus important de la pandémie, les Thaïlandais se méfient des «farangs» (Occidentaux blancs).

C’est le ministre de la Santé Anutin Charnvirakul, connu pour ses débordements verbaux, qui a mis le feu aux poudres. Il s’est rendu dans le métro de Bangkok pour distribuer des masques aux passants et devant le refus de touristes occidentaux, il a dénoncé les «maudits farangs» qui ne portent pas de masques et «devraient être expulsés de Thaïlande».

Bien qu’il se soit excusé quelques jours plus tard, la colère s’est propagée à une partie de la population qui a commencé à voir en chaque Occidental un danger potentiel. On a vu sur les réseaux sociaux des appels à «faire la chasse» aux farangs qui ne respecteraient pas les mesures du gouvernement.

L’article de ma collègue Emilie Ridard

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Notre dernier projet? Ma collègue Céline Stegmüller a concocté une série de vidéos sur les «bons côtésLien externe» du coronavirus, afin d’amener un peu de positivité à cette crise. Le premier épisode est déjà en ligne sur IGTV. Les suivants seront diffusés tous les vendredis à 16h00 (heure suisse). Rejoignez-nous!

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