Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses du monde,
Aujourd’hui, je vous propose des rencontres – avec deux femmes et un homme, engagés dans la lutte pour le climat et la justice sociale, dont on parle tant mais pour laquelle on fait trop peu à leurs yeux: Greta Gysin, Cécile Duflot et Jacques Dubochet. En ces temps où les puissants du monde sont réunis à Davos, la collision ne saurait être fortuite.
Et puis 60 ans après sa plongée historique en eaux très profondes, rappelons-nous comment un simple poisson des abysses aperçu par Jacques Piccard a peut-être évité au fond des océans de devenir une poubelle nucléaire.
Bonne lecture,
Greta? Gysin! Première élue verte du Tessin au Parlement fédéral. Portrait d’une jeune politicienne efficace et très engagée.
A 36 ans, elle en a déjà 15 d’expérience politique, au niveau communal, puis rapidement cantonal. Parallèlement, elle a travaillé dans les énergies renouvelables et comme secrétaire syndicale.
L’environnement et le social sont ses priorités. Dans cet ordre, c’est pour cela qu’elle a choisi les Verts plutôt que le PS. Mais elle est bien consciente que les deux sujets sont liés.
Aussi résolue que courtoise, elle se distingue dans le milieu politique tessinois par la qualité et le volume de son travail et se fait apprécier au-delà des frontières partisanes.
- Le portrait de Greta Gysin, par ma collègue Sonia Fenazzi
- Notre dossier sur les élections fédérale 2019, dont est sorti un Parlement plus vert, plus jeune et plus féminin que jamais
Ancienne ministre écologiste de François Hollande, devenue directrice d’Oxfam France, Cécile Duflot sera à Zurich le mois prochain. Pour swissinfo, elle évoque ses combats et retrace un parcours atypique dans la politique française.
Elle n’a fait ni Sciences Po ni l’ENA et elle n’a pas milité chez les Trotskistes. Issue de la classe moyenne catholique, elle décrit son passage en politique comme sa «deuxième vie», après l’engagement associatif et le travail dans le privé. Avec Oxfam, elle en est à la troisième.
«Je pense que l’articulation entre les inégalités sociales et le dérèglement climatique est une question centrale qui demande du courage et un changement de vision très nette. Ce que je vois, c’est l’intérêt d’avoir un parcours qui ne soit pas uniquement nourri et occupé par la carrière politique», confie-t-elle aujourd’hui.
Comme chaque année, Oxfam International a déposé avant le Forum de Davos son Rapport annuel sur les inégalités. L’ONG juge «indécent» que les «1% les plus riches possèdent plus du double des richesses cumulées de 6,9 milliards de personnes».
- L’interview de Cécile Duflot par mon collègue Frédéric Burnand
- Le rapportLien externe 2020 d’Oxfam sur les inégalités mondiales
Prix Nobel de Chimie 2017, Jacques Dubochet est devenu la mascotte des jeunes grévistes pour le climat. Il a décidé de mettre sa nouvelle notoriété au service d’une cause qui lui tient à cœur. Le film «Citoyen Nobel» raconte cet engagement.
Que fait-on avec la gloire? C’est la question qu’explore le réalisateur vaudois Stéphane Goël. Après deux ans de tournage, il constate que son personnage «n’a pas d’agenda caché, pas d’armure. Il est modeste, ouvert et surtout sincère, une sincérité qui touche les gens, mais qui peut également lui jouer des tours».
Fasciné par le discours de Greta Thunberg, Jacques Dubochet est happé par les manifestations des jeunes activistes pour le climat. Ce mouvement touche la fibre écologiste et sociale du scientifique, qui déjà dans les années 1970 militait contre le nucléaire et s’engage aujourd’hui dans l’aide aux migrants
Malgré cela, le Prix Nobel aimerait bien «revenir à une vie normale». Mais cela semble impossible. Plus de deux ans après, il note que la pression médiatique n’est pas retombée et pressent que la sortie de «Citoyen Nobel» n’arrangera pas les choses.
- L’article de ma collègue Katy Romy, sur le film «Citoyen Nobel».
- Le Prix Nobel de Jacques Dubochet, tel que relaté par swissinfo.ch en 2017
- Un autre Prix Nobel suisse, de physique, en 2019: Didier Queloz, interviewé par votre serviteur
Il y a 60 ans, un Suisse et un Américain devenaient les hommes les plus profonds au monde, en descendant au fond de la Fosse des Mariannes, à 10’916 mètres au-dessous du niveau de la mer. Le record de Jacques Piccard et Don Walsh n’a jamais été battu.
Dans la famille des «saventuriers», il y a eu Auguste, puis Jacques, et maintenant Bertrand. Les Piccard aiment les extrêmes: la stratosphère pour le grand-père, les abysses pour le père et deux tours du monde – en ballon et en avion solaire – pour le fils.
En 1960, Jacques Piccard plonge à bord du bathyscaphe «Trieste», conçu avec Auguste, selon les mêmes principes que sa capsule stratosphérique. Il s’agit d’avoir une coque assez solide pour résister à l’incroyable pression des abysses.
Arrivés au fond, les deux hommes ont la surprise de croiser un poisson. Une aubaine pour le monde ! Si les lieux avaient été vides de toute vie, la marine américaine envisageait en effet d’une faire une poubelle nucléaire.
- La galerie photo souvenir de l’exploit, compilée par mon collègue Olivier Pauchard
- Le dossier de swissinfo.ch sur le tour du monde de Solar Impulse, l’avion solaire de Bertrand, fils de Jacques Piccard
De nombreux Suisses de l’étranger s’engagent dans des projets humanitaires dans leur pays d’adoption. Peter Rechsteiner est l’un d’entre eux. Il a répondu à notre appel sur les réseaux sociaux et ma collègue Melanie Eichenberger nous raconte son histoire.
Peter Rechsteiner a 61 ans et vit depuis plus de 10 ans au Brésil. Il est bénévole auprès de l’organisation Chuveiro Solidário, qui permet aux sans-abris de se doucher grâce à une cabine mobile. Peter se charge de véhiculer la cabine à travers une ville du nord-est du Brésil.
Ce qui l’a poussé à s’engager, c’est la gentillesse avec laquelle il a été accueilli dans sa nouvelle patrie. Il voulait redonner quelque chose en échange.
Pour savoir à quoi ressemble la vie de Peter Rechsteiner au Brésil, cliquez ici
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