Aujourd’hui en Suisse
Cher(e)s confiné(e)s,
Que nous soyons en Suisse, en Europe ou ailleurs dans le monde, nous sommes de plus en plus nombreux à vivre dans un confinement plus ou moins strict pour freiner et venir à bout de la pandémie mondiale.
Les autorités sanitaires et politique édictent des mesures de plus en plus fortes pour éviter la propagation du virus dont nous sommes le principal vecteur, comme être social en mobilité constante.
Ce vendredi, le Conseil fédéral a décrété l’interdiction de tout rassemblement de plus de 5 personnes, tout en rappelant de maintenir la distance sociale requise envers nos proches.
Très solidairement,
Pas de confinement général, mais des mesures encore plus drastiques pour enrayer la propagation du coronavirus en Suisse: telles sont les décisions prises ce vendredi par le Conseil fédéral.
Les rassemblements de plus de cinq personnes sont désormais interdits sur l’espace public, soit les places publiques, les promenades et les parcs. Dans tous les cas, la distance sociale d’au moins deux mètres doit être respectée. La police pourra amender les contrevenants.
«L’heure est grave. Les prochains jours seront difficiles. Chacun et chacune a un rôle à jouer. Tout le monde est concerné», a souligné avec gravité le ministre de la Santé Alain Berset. Il a notamment appelé les personnes de plus de 65 ans à se protéger, en restant chez elles. Les jeunes, qui ne se sentent parfois pas concernés, doivent absolument respecter les mesures.
Le gouvernement a également fait des annonces importantes pour soulager l’économie, paralysée par le coronavirus. L’enveloppe de 32 milliards de francs supplémentaires pour le monde du travail promise ce vendredi s’ajoute aux 10 milliards déjà mis sur la table il y a une semaine. De quoi rassurer quelque peu les nombreux salariés, indépendants et petits patrons inquiets.
- Lire notre article qui compile les principales annonces du jour
- Consulter notre dossier sur le coronavirus en Suisse
En instaurant le niveau d’alerte le plus élevé de la loi sur les épidémies, le gouvernement suisse s’est accordé les pleins pouvoirs dans la gestion de la pandémie de Covid-19. L’absence de validation et de contrôle par le Parlement préoccupe Antoine Chollet, chercheur en sciences politiques à l’Université de Lausanne.
«La loi sur les épidémies est imprécise sur ce que peut faire le Conseil fédéral dans ces situations, d’autant que le droit de nécessité, autrement dit les ‘pleins pouvoirs’, ne figure pas dans la Constitution», souligne le politologue.
Et Antoine Cholet d’insister: «Cela pose un problème tout à fait sérieux d’un point de vue démocratique. Des procédures d’état d’urgence devraient conférer à l’Assemblée fédérale la compétence de décider de la situation exceptionnelle. Il est absolument central que l’organe qui prononce l’état d’exception ne soit pas l’organe qui gère la situation d’urgence.»
- «En état d’urgence, il existe toujours un danger d’accaparement excessif du pouvoir», explique à swissinfo.ch le politologue Antoine Cholet
- La loi sur les épidémiesLien externe présentée en 2013 par l’Office fédéral de la santé publique (pdf)
- Les pleins pouvoirs en SuisseLien externe (Dictionnaire historique de la Suisse)
- Les épidémiesLien externe (Dictionnaire historique de la Suisse)
Face à la pandémie mondiale, nous devons agir ensemble pour ralentir la propagation du virus et prendre soin les uns des autres. C’est l’appel à la solidarité mondiale qu’a lancé António Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, alors que la pandémie mondiale continue de se répandre.
«Nous sommes face à une menace sanitaire sans précédent. Pendant ce temps le virus se propage, le danger grandit et nos systèmes de santé, nos économies et notre vie quotidienne sont mis à rude épreuve», souligne le Portugais
Et le patron de l’ONU de rappeler notre commune destinée: «La pandémie met en évidence à quel point tous les êtres humains sont interdépendants. Toutes et tous nous partageons la responsabilité de prévenir la propagation du COVID-19.»
- L’appel à l’action solidaire du secrétaire général des Nations Unies sur swissinfo.ch
- L’évolution de la pandémieLien externe par l’OMS
- Le coronavirus met à jour la fragilité de nos sociétés, par l’éthicien Bertrand Kiefer (swissinfo.ch)
- La géopolitique du Covid-19Lien externe où Pekin et Washington s’affrontent, par Pierre Haski, chroniqueur à France Inter.
«La situation au Tessin est dramatique, déclarait jeudi Daniel Koch, responsable de la division des maladies transmissibles de l’OFSP. Ce canton va rapidement manquer de lits en soins intensifs».
Premier canton à prendre des mesures drastiques, le Tessin est plongé, comme le reste du pays et de l’Europe, dans la phase exponentielle du nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus. Les appels à un confinement plus strict de la population se multiplient. C’est notre mobilité même qui favorise l’expansion de la pandémie, martèlent les spécialistes en épidémiologie et l’OMS.
En attendant, des réseaux de solidarité, parfois partis de simples citoyens, parfois organisés par les autorités, s’organisent au Tessin. Ma consœur Sonia Fenazzi donne l’exemple d’une initiative prise à Bellinzone, le chef-lieu du canton limitrophe de l’Italie.
- Le reportage de Sonia Fenazzi à Bellinzone (swissinfo.ch)
- La situation au TessinLien externe au JT de la TSR, jeudi soir
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Le Tessin tourne au ralenti (swissinfo.ch/10’03’2020)
Les villes se transforment en structures hospitalières, chacun d’entre-nous étant invité à rester en chambre, son appartement en l’occurrence.
Avec mon voisin de quartier, le photographe Patrick Gilléron Lopreno, je vous raconte notre expérience de cette première semaine de confinement dans le vibrant quartier genevois des Pâquis.
Et comme dans de nombreuses villes, nous applaudissons chaque soir les héros des centres médicaux. Un profond besoin de communion, relève le sociologue Jean Viard chez nos confrères du quotidien Le Temps.
- Repos forcé pour le turbulent quartier genevois des Pâquis (swissinfo.ch)
- Actions sur les balconsLien externe: Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS, décrypte ce besoin de communion (Le Temps/abonnés)
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