Aujourd’hui en Suisse
Bonjour, c’est Marc-André, qui vous parle de chez lui, dans la région de Fribourg,
Après sept jours de confinement, les nouvelles de l’extérieur ne sont ni franchement bonnes ni terriblement mauvaises. Le virus poursuit sa progression en Suisse, mais la population est bien disciplinée, le système de santé tient encore bon et l’école a remis les devoirs à domicile au premier plan.
Portez-vous bien et surtout, respectez les consignes!
La Suisse réalise plus de 6000 tests de dépistage du coronavirus par jour et attend du ravitaillement pour pouvoir en faire plus. Lundi, le bilan de l’épidémie a passé les 8000 cas positifs, 100 de plus que la veille. 70 personnes sont mortes.
Le coronavirus et l’arrêt des entreprises qu’il impose font exploser les demandes de chômage partiel. Plus de 6% des entreprises suisses ont demandé à avoir recours à cette possibilité, ce qui représente 315’000 employés. Au plus fort de la crise financière de 2008-2009, on n’avait pas dépassé les 100’000 personnes en chômage partiel.
Le Conseil fédéral remet à l’ordre les cantons du Tessin et de Genève, qui ont fermé les chantiers et certaines industries. Selon Berne, ces mesures vont au-delà des mesures fédérales. La Confédération est en discussion avec les cantons pour trouver des solutions.
- Le point de la situation – régulièrement mis à jour par la rédaction, avec les agences de presse et la RTS
Avec le coronavirus, on ferme partout. L’exemple de Zermatt: comment une des stations de montagne les plus huppées au monde est devenue en quelques jours un village fantôme.
Hôtels et pistes de ski fermés, festival Unplugged et Patrouille des Glaciers annulés: ici comme ailleurs, la fin de saison est fichue, et personne ne sait quand les affaires redémarreront.
A Zermatt, on a déjà connu cela, avec la mini-épidémie de typhus en 1963. A l’époque, on avait mis toute la station en quarantaine et déploré trois morts, pour plus de 400 personnes contaminées.
En ces temps de confinement, il n’y a plus d’école, rien que des devoirs à domicile. Mais quand les enfants retourneront en classe, faudra-t-il continuer à leur donner des devoirs? Le débat n’est pas nouveau – il y a les pour et les contre.
Plusieurs écoles suisses ont déjà tenté de supprimer les devoirs. En général, ces essais sont limités dans le temps. Le dernier en date avait commencé juste avant le confinement, à St-Gall.
Aucune loi n’oblige les écoles à donner des devoirs à domicile. La seule chose prescrite, c’est de ne pas en donner pendant les week-ends fériés. Pour le reste, chaque établissement fait comme il veut.
Supprimer les devoirs favoriserait l’égalité des chances, selon les uns. Les enfants n’ont en effet pas tous des parents capables de les aider. Pour les autres, supprimer les devoirs, c’est priver les élèves de centaines d’heures d’apprentissage.
- L’article de ma collègue Isobel Leybold-Johnson
Et puis, pour terminer sur une note optimiste, voici une initiative aussi simple qu’efficace pour aider les démunis en luttant contre le gaspillage alimentaire. Dans le canton de Neuchâtel, l’association Free Go redistribue gratuitement la nourriture invendue des magasins.
Quatre «boutiques» discrètes dans le canton de Neuchâtel où l’on vient se servir. Les dates de péremption sont strictement contrôlées, afin que ce qui est offert soit toujours parfaitement consommable. Et ce n’est qu’un exemple, les initiatives de ce type fleurissent en Suisse.
Chaque année, la Suisse produit 2,6 millions de tonnes de déchets alimentaires. Selon l’Office fédéral de l’environnement, deux tiers de ce gaspillage pourrait être évité, puisqu’il s’agit d’aliments encore consommables au moment d’être jetés.
- Le reportage et la vidéo de ma collègue Céline Stegmüller dans le canton de Neuchâtel, où les points de distribution sont momentanément fermés à cause du coronavirus, mais rouvriront dès que possible
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative