Aujourd’hui en Suisse
Chères et chers Suisses du pays et du monde,
C'est Marc-André à Fribourg, en ce 14 juin qui n’est pas seulement un lendemain de votations fédérales. C’est aussi et surtout une Grève des Femmes. Deux ans après leur vaste mobilisation, elles redescendent dans la rue aujourd’hui en Suisse: la pandémie a fait reculer leur cause et il est temps que cela change.
Mais ce jour est aussi un lendemain de votations fédérales. Nous revenons sur la loi CO2, dont le rejet a été la (presque) surprise de dimanche. Comment la Suisse se classe-t-elle globalement dans la lutte contre le réchauffement? Comment les Suisses de l’étranger ont-ils voté? Réponses ci-dessous.
Et hommage à un géant de l'humour en BD pour la fin.
Bonne lecture,
Elle n’aura pas l’ampleur de celle de 2019, mais ce 14 juin marque une nouvelle Grève des Femmes. Au cœur des revendications: la bataille contre le relèvement de l’âge de la retraite, des hausses des salaires et une protection contre les violences sexistes et sexuelles.
L’adoption de la loi sur l’égalité date d’il y a 25 ans. Pourtant l’inégalité salariale s’est creusée, dénoncent les collectifs féminins. La pandémie de Covid-19 a une fois de plus montré que le travail des femmes n’est ni reconnu ni rémunéré correctement, dénoncent les militantes.
Plus de 40 actions de protestation, mobilisations et manifestations, sont au programme de la journée. Les femmes demandent «du respect!» avec de meilleurs salaires et de meilleures rentes. La journée a débuté par un «réveil violet». Dans plusieurs villes suisses, l’eau de certaines fontaines a été teintée en violet, avec des colorants alimentaires inoffensifs pour la santé.
- L’articleLien externe et les vidéos de RTS Info
- Un an après la grève, les femmes ont marqué des points – par ma collègue Katy Romy – 14 juin 2020
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Sans nouvelle loi sur le CO2, la Suisse parviendra-t-elle à atteindre ses objectifs climatiques? Probablement pas, même si le pays est un bon élève en comparaison internationale. Un bon élève qui toutefois pourrait – et devrait – mieux faire.
Pas question de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat. La Suisse va poursuivre ses efforts vers la neutralité carbone, objectif fixé pour 2050. Mais après le non des citoyennes et citoyens de ce week-end, ce sera plus difficile.
En comparaison internationale, la Suisse fait cependant déjà mieux que la plupart des pays européens et industrialisés. Dans l’indice de performance en matière de changement climatique, qui tient compte de la politique climatique, la Suisse se classe 14e sur 61 pays.
Sonia Seneviratne, climatologue suisse de renommée internationale, coauteure des rapports du GIEC est confiante. Pour elle, atteindre globalement l’objectif de Paris «n’est pas impossible: bien que nous ayons perdu du temps à cause de la pandémie, la situation sur le front politique s’est améliorée avec le changement de gouvernement aux États-Unis».
- L’article de mon collègue Luigi Jorio
- La Suisse réduit ses émissions de CO2, mais pas assez vite – Luigi Jorio et Pauline Turuban – juillet 2020
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Comme il est presque de coutume, le vote de la 5e Suisse de ce dimanche 13 juin se démarque de celui du pays. Les Suisses de l’étranger ont voté nettement plus vert. S’il n’en avait tenu qu’à eux, les deux initiatives anti-pesticides auraient été acceptées, et la loi sur le CO2 carrément plébiscitée.
72% de oui à la loi sur le CO2: c’est ce qui ressort du vote des expatriés dans les 12 districts de Suisses de l’étranger pour lesquels on dispose de statistiques. En Suisse, l’objet a été refusé à 51,6%. Il est vrai que lorsque l’on vit à l’étranger, l’argument du porte-monnaie ne vaut plus.
Le score des initiatives anti-pesticides en moins net: 55% de oui – contre 60% de non au pays. Quant à la loi Covid, elle passe plus nettement chez les Suisses de l’étranger (75%, contre 60%), alors que la loi contre le terrorisme est acceptée avec un score assez proche.
- L’article de ma collègue Pauline Turuban
- Point fort – Zoom sur les préoccupations des Suisses de l’étranger
- Point fort – Les Suisses de l’étranger, des citoyens de seconde zone?
«Bretzel liquide», ça vous parle? Alors, vous serez certainement tristes d’apprendre que Nikita Mandryka est mort. À Genève, dans sa 80e année. «Les aventures potagères du Concombre Masqué», c’était lui. Oui, c’est de la bande dessinée.
Français d’ascendance russe, Mandryka vivait en Suisse depuis des années. Ce discret pionnier d’un humour totalement nonsensique a sa place au panthéon des auteurs culte, grâce à son personnage de cucurbitacé, évoluant dans un univers végétal, mais aussi parce qu’il s’est frotté aux plus grands et l’école de BD dite franco-belge.
L’Écho des Savanes, Charlie, Pilote, Métal Hurlant, Fluide Glacial: Mandryka a collaboré à ces titres phares et a vu son œuvre primée plusieurs fois, en France, en Italie, et en Suisse. Vous ne réalisez toujours pas quelle perte vient d’encaisser le monde de la culture? Alors plongez-vous d’urgence dans un album du Concombre Masqué.
- L’articleLien externe de RTS Culture
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