Documentaire consacré à l’histoire de Suchard, fleuron neuchâtelois
Un documentaire consacré à la présence de Suchard à Neuchâtel sortira le 5 septembre, en marge de la Journée du cinéma. L'oeuvre du réalisateur Jacques Matthey, titrée "Un parfum de chocolat", retrace l'aventure du célèbre confiseur de Serrières en 64 minutes.
(Keystone-ATS) «Un jour, l’odeur de chocolat a disparu de Neuchâtel…». Le film, qui s’ouvre avec ces mots, sera aussi diffusé le 9 novembre dans l’émission «Histoire vivante» de la RTS. L’entreprise a compté plus de 900 employés dans le quartier de l’ouest du chef-lieu cantonal, avant de le quitter progressivement dans les années 1990.
«En fait, Suchard me suit depuis mon enfance», a indiqué mercredi le réalisateur neuchâtelois Jacques Matthey dans une interview accordée à Arcinfo, en revenant sur l’historique du film. «Mes grands-parents n’habitaient pas très loin de l’usine et je fais donc partie de la génération qui se souvient de l’odeur de chocolat dans la ville.»
Milka et Sugus
«J’ai grandi avec les marques Sugus, Suchard Express, Milka…», se souvient-il dans les colonnes du quotidien neuchâtelois. «En 2007, j’ai tourné mon premier court-métrage dans un bâtiment de Serrières, autrefois occupé par Suchard. Puis, j’ai eu mon premier bureau dans le ‘bâtiment rouge’ du vallon de la Serrière.»
«L’idée de faire quelque chose à propos de Suchard me trottait donc dans la tête depuis longtemps», précise Jacques Matthey. Au-delà, ce dernier affirme ne pas s’expliquer pourquoi aucun documentaire n’a été réalisé au sujet du fleuron local à ce jour.
«C’est d’autant plus surprenant quand on sait les trésors qui sont à disposition.» Que ce soit au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel ou à la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds, dont le département audiovisuel conserve les documents filmés et/ou sonores ayant trait à la vie du canton. «Il existe des milliers de photos et des milliers d’heures de films d’archives», estime le réalisateur.
200 ans de Suchard
Au-delà, le film sera diffusé dans le cadre des événements qui seront proposés aux mois d’octobre et de novembre par la Ville de Neuchâtel à l’occasion des 200 ans de la naissance de l’entreprise Suchard, y compris lors de Chocolatissimo. «Pour la suite, on verra bien», relève celui qui est à la tête de la société de Pi Production.
Le documentaire donne la parole à Klaus Jacobs, via des images d’archives. L’industriel germano-suisse, décédé en 2008 à 71 ans, avait acquis la majorité du capital de Suchard en 1982. Selon l’auteur, on voit comment une succession de décisions a conduit au démantèlement progressif de ce qui se trouvait à Neuchâtel.
En août 1995, le groupe propriétaire Kraft Jacobs Suchard, filiale du géant américain Philip Morris depuis 1990, avait scellé le sort en terre neuchâteloise de l’entreprise fondée en 1826 par Philippe Suchard. Il avait alors annoncé le déplacement des activités de recherche et développement à Munich.
Clap de fin en 1996
La délocalisation avait touché 70 personnes, avec 20 licenciements. Elle s’était achevée il y a tout juste 30 ans. Avant, dans le cadre de ses restructurations successives, Kraft Jacobs Suchard, Jacobs Suchard Tobler avant 1993, avait déjà abandonné Neuchâtel pour sa production de chocolat en 1990, la concentrant alors à Berne.
La mesure avait alors causé un choc dans le canton de Neuchâtel, en entraînant le licenciement de 300 collaborateurs et le déplacement de 160 autres dans la Ville fédérale. En 1992, la fabrication de Sugus avait été transférée pour sa part à Reims, en France, avec à la clé 36 mises à pied.
Après la fusion de 1993, la nouvelle direction de la société avait décidé de transférer la partie administrative à Zurich, siège de Kraft Jacobs Suchard. Ce transfert avait impliqué la perte de 30 emplois et le déplacement de quelque 150 personnes sur les bords de la Limmat ou à Berne.