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#AskTheEmbassy, le format qui séduit les Suisses de l’étranger

Anutin Charvirakul, vice-premier ministre et ministre de la Santé en Thaïlande en discussion avec S.E. Helene Budliger Artieda, ambassadrice de Suisse à Bangkok.

Nul doute que l’ensemble des représentations diplomatiques suisses dans le monde mettent un point d’honneur à offrir le meilleur service possible à leurs concitoyens. Mais il en est une qui sort du lot: l’ambassade de Suisse en Thaïlande a conquis les expatriés qui vivent au pays du sourire.

Ce contenu a été publié le 09 février 2021 - 14:34

Dès le mois de juin 2020, alors que le monde sortait à peine de la première vague de coronavirus, l’ambassadrice de Suisse en Thaïlande, S.E. Helene Budliger Artieda, et son équipe ont mis en place une série de conférencesLien externe à suivre en direct sur Facebook. Cette idée a immédiatement séduit les quelque 11’000 Suisses qui résident dans la circonscription consulaire de Bangkok, à savoir la Thaïlande, le Cambodge et le Laos.

Appelée #AskTheEmbassy (en français: «Demandez à l’ambassade»), la séance d’information en est à sa huitième édition. Durant ces sessions, l’ambassadrice est accompagnée de deux membres de son équipe. Tous trois se relaient en allemand, français et anglais pour faire le point sur la situation actuelle et répondre aux questions des participants.

Lors de la dernière en date, qui s’est déroulée le lundi 1er février à 18h00 heure locale (soit midi heure suisse), l’ambassadrice a reçu un invité de marque en la personne de Anutin Charnvirakul, vice-premier ministre et ministre de la Santé en Thaïlande. Ce dernier avait créé la controverse et suscité l’ire de la communauté internationale en Thaïlande en tenant des propos peu amènes envers les «farangs», terme utilisé en Thaïlande pour désigner les Occidentaux blancs.

Une ambassadrice qui remporte tous les suffrages

Le nombre de personnes assistant à la conférence a donc été à la mesure du rang de l’invité et a culminé à près de 300 participant.e.s. Il y a principalement été question de la situation sanitaire actuelle, des conditions de séjour et d’entrée dans le pays, de même que de pollution atmosphérique et de traitement des cancers. Mais toutes les oreilles étaient tournées vers LE sujet du moment: la vaccination. Et pour cause, depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux, selon lesquelles seul.e.s les Thaïs auraient accès aux vaccins, laissant les résidents étrangers sur le carreau. Le ministre de la Santé a bien évidemment démenti et s’est voulu rassurant sur la plupart des sujets abordés lors de ce #AskTheEmbassy.

S.E. Helene Budliger Artieda, ambassadrice de Suisse à Bangkok.

Si les bonnes nouvelles apportées par le représentant du gouvernement ont réjoui la communauté suisse, il est frappant de constater que l’ambassadrice a reçu de très nombreuses louanges. Parmi les commentaires dithyrambiques laissés sur Facebook, Marc H. Dumur écrit: «Excellente interview. Il est bon de savoir que la Suisse jouit toujours d’une bonne réputation en Thaïlande et que nous sommes entendus et obtenons des réponses à nos questions. Félicitations, Madame l’ambassadrice!». Ou encore: «Inviter le ministre thaïlandais de la Santé à la discussion, lui qui n’est pas toujours favorable aux étrangers, était un ´coup de génie´ stratégique de la part de l’ambassadrice. Et le fait que Khun Anutin ait effectivement accepté l’invitation montre le prestige dont jouit l’entreprenante Helene Budliger Artieda dans le Royaume», selon Heinz Mazenauer.

Contacté par swissinfo.ch, Marc H. Dumur, qui est consul honoraire à Chiang Mai (nord de la Thaïlande) depuis 2012, a suivi toutes les sessions de #AskTheEmbassy. Il les trouve très utiles, d’autant plus que l’ambassade de Suisse était selon lui plutôt distante il y a quelques années. Il ajoute: «Je trouve cela extrêmement important, surtout en cette période d'incertitude liée à la pandémie, d’apaiser les craintes et de présenter les faits de manière transparente.»

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Heinz Mazenauer, qui vit plusieurs mois de l’année à Phuket (sud de la Thaïlande), ne tarit pas d’éloges sur l'ambassadrice, qu’il considère comme «claire, concrète, qui tient parole mais reconnaît aussi ouvertement lorsqu’elle se trouve dans une impasse». Douée selon lui d’un «grand talent de communication», elle doit jongler entre «des expatriés pas toujours aimables d’une part et des autorités thaïlandaises compliquées d’autre part».

Cet ancien journaliste et expert en communication est d’avis qu’Helene Budliger Artieda «a accompli beaucoup de choses pour les Suisses de l’étranger durant la pandémie». Il cite comme exemple le fait que les Suisses ne soient pas soumis aux règles d’entrée les plus strictes, alors que le pays se trouve sur la liste des pays à haut risque de la Thaïlande.

Même son de cloche de la part d’une autre participante à la session du 1er février, qui «se sent particulièrement bien accompagnée» par l’ambassadrice.

Pas de stratégie globale du DFAE

L’initiative de l’ambassade de Suisse à Bangkok a-t-elle fait des émules, ou s’agit-il éventuellement d’une stratégie plus large que le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) souhaite mettre en place? Interrogée par swissinfo.ch à ce sujet, sa porte-parole indique que «plusieurs représentations suisses ont lancé différents modes de conférences virtuelles», notamment Ottawa (Canada). Mexico et San Jose (Costa Rica) seraient quant à elles en phase de réflexion.

Cependant, si ce «service à la clientèle fait partie du mandat de la Direction consulaire et est soutenu par le DFAE», il ne s’inscrit pas dans une stratégie plus large de soutien aux Suisses de l’étranger. En effet, «il appartient à chaque représentation de déterminer le format judicieux» pour le pays dans lequel elle se trouve.

Pour visionner la discussion dans son entier, c'est ici:

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