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Olivier Rihs: «S’il ne doit rester qu’un salon de l’auto en Europe, ce sera Genève»

Comme toutes les expositions spécialisées, les salons de l’auto sont à la peine. Pour Olivier Rihs, le directeur du 90e GIMS (Geneva International Motor Show), la Suisse pourrait conserver l’unique subsistant en Europe.

Ce contenu a été publié le 26 février 2020 - 10:16
Olivier Grivat
Malgré les nuages qui s'accumulent, le directeur du GIMS reste optimiste quant à l'avenir de la manifestation. Keystone / Jean-christophe Bott

Jamais le salon automobile qui ouvre ses portes chaque printemps à Genève n’aura connu autant d’incertitudes. Coronavirus aidant, il n’est pas certain qu’il aura lieu le 5 mars. 

Le Biennois Olivier Rihs, nouveau directeur général du GIMSLien externe, touche du bois et relativise le danger du Covid-19: «La grippe saisonnière fait bien davantage de victimes dans le monde», constate-t-il. Mais cette année, aucun salon n’est à l’abri d’une annulation de dernière minute. Barcelone a annulé deux semaines avant l’ouverture le MWC 2020, la grand-messe de la téléphonie organisée par un consortium de 400 fabricants et 750 opérateurs. Le Salon des inventions, qui devait se tenir à Genève du 25 au 29 mars, a été reporté en septembre. À Genève, il y a toutefois une différence de taille: les exposants chinois sont nettement moins importants au GIMS. 

Ce qui n’empêche pas d’être prévoyant. «Des appareils de désinfection seront placés dans toutes les halles, explique le directeur de la manifestation. Nous allons aussi être attentifs aux cuisines et rappeler à tous les exposants les règles d'hygiène nécessaires. Seul un ordre strict de l'Office fédéral de la santé publique pourrait nous contraindre à tout arrêter. Cela coûterait très cher, car il n'existe aucune assurance pour annulation en cas de force majeure. De toute façon, il faut s’attendre à une baisse de la fréquentation et à un déficit. Si nous pouvons compter sur 500'000 visiteurs au lieu de 600'000 comme ces dernières années, nous pourrons nous estimer heureux». 

Des désistements en force 

Pour sa 90e édition, le salon de Genève connaît un nombre record de désistements qui n’a rien à voir avec la pandémie: après Volvo, Ford, Opel, Land Rover et Jaguar, déjà absents en 2019, s’ajoutent Peugeot, Citroën (sauf DS), Nissan, Mitsubishi, Subaru, Lamborghini, Maserati, Mini et Tata Motors. Tesla n’a jamais fréquenté Genève, alors que le constructeur coréen Hyundai effectue son retour dans la perspective du lancement de 44 modèles électrifiés d’ici à 2025. 

«En tout, 17 marques manquent à l’appel, mais celles qui sont présentes constituent 75% du volume des voitures vendues en Suisse»,

Olivier Rihs, directeur du GIMS

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«En tout, 17 marques manquent à l’appel, mais celles qui sont présentes constituent 75% du volume des voitures vendues en Suisse», relativise Olivier Rihs. Et malgré le coronavirus, quatre marques chinoises ont leurs stands à Palexpo, dont Aiways qui avait présenté à Francfort son SUV U5 100% électrique et qui veut le commercialiser en Europe en avril. 

Pour attirer les visiteurs, Olivier Rihs a dû faire preuve d’imagination. Il a créé un circuit d’essai intérieur: «Mettez côte à côte une voiture à essence et une électrique, vous ne voyez pas la différence. Il faut les tester en vrai», explique-t-il. Près de 90% des gens n’ont jamais conduit de voiture électrique. Le GIMS va mettre en service 456 mètres de pistes, alternant virages, longues courbes et lignes droites pour un parc de 48 modèles à propulsions alternatives. Ils seront mis à disposition par les importateurs de véhicules électriques, hybrides, à hydrogène ou à gaz naturel.

Les activistes du climat 

Genève va devoir affronter un autre problème du moment, celui des activistes du climat et notamment d’Extinction Rebellion, qui ont bloqué des ponts à Lausanne et Genève, occupé des succursales bancaires et promis de manifester contre les dégagements de CO2. 

«Tout le monde a le droit de manifester, mais on ne peut réduire la mobilité à zéro, plaide Olivier Rihs. Il faut améliorer l’utilisation rationnelle des transports. Moi-même, je n’ai pas de voiture personnelle. J’utilise une combinaison d’abonnement général de train et de voiture électrique pour arriver à destination.» 

Pour le nouveau directeur du GIMS, qui va déjà quitter son poste après un an pour rejoindre TX Group (ex-Tamedia), la voiture n’a d’autre choix que de restreindre son emprise sur les routes. «Si la Suisse compte un jour 10 millions d’habitants, comment imaginer que la proportion d’automobilistes reste la même? Sur le marché mondial, les concentrations vont bon train. Le groupe PSA Peugeot Citroën a annoncé sa fusion avec Fiat-Chrylser, il ne pourrait rester bientôt plus qu’une poignée de constructeurs dans le monde: un ou deux en Europe, un aux États-Unis et deux en Asie. Quant aux salons annuels, il n’en restera bientôt plus qu’à Los Angeles et à Shanghai et s’il n’en reste qu’un en Europe, ce sera Genève. Il est idéalement placé au cœur du continent et dans un pays neutre en matière de construction automobile. »

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