Antiglobalisation: les militants suisses se préparent déjà pour Davos
Peu présents, ces jours-ci à Prague, dans les manifestations contre les réunions du FMI et de la Banque mondiale, les militants anti-globalisation suisses gardent leurs forces pour contrer la prochaine réunion du Forum économique de Davos.
Parmi les milliers de manifestants qui ont affronté les forces de l’ordre tchèques mardi à Prague, se trouvaient de nombreux militants venu d’Italie, d’Espagne, de Grèce, de France ou des pays scandinaves.
Peu de Suisses, en revanche, ont fait le voyage de Prague. Contrairement à d’autres pays, aucun transport n’a été organisé pour emmener des militants sur les lieux de la manifestation de mardi, point d’orgue de la contestation à Prague.
Erik Grobet, du Comité suisse de l’appel de Bangkok, donne une première explication à cette absence: «lors de la réunion alternative au sommet social de Genève de juin dernier, les mouvements qui se sont mobilisés en Suisse ont décidé de mettre la priorité sur le Forum économique mondial de Davos et le Forum social mondial qui se tiendra au même moment à Porto Alegre au Brésil».
Erik Grobet tient tout de même à préciser que le Comité suisse de l’appel de Bangkok qui regroupe une cinquantaine d’organisations est en contact avec les associations présentes à Prague: «vu la forte mobilisation des autres mouvements en Europe, il ne nous a pas semblé décisif d’être massivement présents à Prague».
C’est d’ailleurs la force de ce mouvement en réseau de pouvoir manifester aux quatre coins de la planète sans devoir chaque fois mobiliser l’ensemble de ses membres. A l’image de la règle de la nation la plus favorisée en vigueur à l’OMC, les victoires et les concessions obtenues par une partie du réseau «anti-globalisation» profitent à l’ensemble.
Reste que l’absence presque totale de contestataires helvétiques à Prague peut également s’expliquer par le développement inégal de ce mouvement en Suisse. Erik Grobet souligne l’avance de Genève sur les autres cantons: «A Genève, la Coordination anti-OMC regroupe une vingtaine d’organisations. On trouve des partis, des syndicats et des ONG comme le WWF. A Zurich, elle ne rassemble que quelques mouvements, surtout d’extrême gauche».
Alberto Velasco, du mouvement ATTAC, explique ce déséquilibre par l’histoire du mouvement «anti-globalisation» qui a démarré en Europe par la France avec la mobilisation contre l’accord multilatéral sur les investissements. Or Genève est très sensible à la vie politique française.
Selon Erik Grobet, l’un des principaux buts de la Coordination anti-OMC et des mouvements apparentés, est justement d’élargir son assise en Suisse. Plusieurs syndicats et partis devraient ainsi rejoindre prochainement le réseau. La lutte contre «la globalisation néolibérale» en Suisse ne fait donc que commencer.
Frédéric Burnand
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