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Baisse des impôts: l’Union syndicale suisse met les pieds au mur

Paul Rechtsteiner et Serge Gaillard (à droite), président et secrétaire général de l'USS. Keystone

L´Union syndicale suisse (USS) ne veut pas des baisses d´impôts prévues par la Confédération. Afin d´alléger les charges fiscales des ménages, elle préconise une baisse de la TVA, en lieu et place d´une réduction des impôts directs.

«En période de haute conjoncture il faut avant tout renflouer les caisses de l’Etat et non pas distribuer des cadeaux fiscaux à ceux qui n’en ont pas besoin.» C’est en substance la position de l’USS qui a présenté, lundi à Berne, ses propositions en matière de politique fiscale pour les années à venir.

En tout premier lieu, l’USS souhaite que le gouvernement s’attaque à la dette publique et ceci après des années de vaches maigres qui ont largement entamé les finances des collectivités publiques et celles des assurances sociales.

«En dix ans, la dette est passée de 30 à plus de 50 pour cent du produit intérieur brut, explique Serge Gaillard, secrétaire syndical à l’USS. Pour financer durablement les assurances sociales et constituer les réserves nécessaires au bon fonctionnement du système, il faut donc avant tout assainir les finances de l’Etat.»

Alors que les déficits publics se résorbent et que les partis de droite multiplient les pressions pour obtenir des allégements fiscaux, l’USS préconise la retenue. D’autant que les réformes fiscales envisagées par le grand argentier de la Confédération sont loin de satisfaire ses exigences.

En effet, même si le projet est actuellement gelé, le ministre des Finances, Kaspar Villiger, avait promis en mars dernier une réduction de la charge fiscale de l’impôt fédéral direct de quelques 1,3 milliard de francs par an.

«Cette solution ne profite nullement aux petits revenus qui sont déjà exonérés, souligne Serge Gaillard, pas plus qu’elle ne favorise les classes moyennes. Finalement, ce sont encore et toujours les familles les plus aisées qui sont avantagées.»

L’USS ne veut pas de diminution de l’impôt direct. En revanche, dès que les caisses de l’Etat le permettront, l’organisation syndicale propose une baisse de la TVA. Selon elle, c’est en effet cet impôt indirect qui grève lourdement les revenus des familles modestes.

Pour autant, «et ce n’est pas une contradiction» affirme Serge Gaillard, l’Union syndicale suisse n’est pas opposée à l’augmentation de la TVA prévue en 2003. A condition que la globalité des recettes réalisées par le bais de cette taxe servent uniquement à financer les assurances sociales.

«En 2003, le gouvernement prévoit de puiser un milliard de francs dans les revenus de la TVA, affirme Serge Gaillard. Cette somme permettra notamment de financer la baisse de l’impôt direct déjà annoncée.»

Une baisse des impôts à laquelle le ministre des finances pourra difficilement résister. En effet, à la fin de l’an dernier, les Chambres fédérales ont voté coup sur coup deux motions qui vont clairement dans ce sens. Et les partis bourgeois ne sont visiblement pas disposés à lâcher prise.

Vanda Janka

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