Bluewin se lance dans le «sex business»
La filiale Internet de Swisscom s'associe à Beate Uhse, le géant allemand du sexe, pour ouvrir un portail payant classé X. Un projet qui se veut «soft».
Sous-vêtements, huiles de massage et vaste choix de produits pornographiques, pour les internautes helvétiques la fin d’année s’annonce torride. D’ici le 31 décembre, Bluewin va ajouter un lien érotique à son portail Internet.
La grande expérience de Beate Uhse
La nouvelle chaîne sera composée de deux parties. La première, en libre accès, proposera aux visiteurs des photos, des jeux et des discussions en ligne. La seconde, payante, offrira les produits et les prestations nettement plus «hot» de l’entreprise Beate Uhse. Le site sera d’abord uniquement en allemand, mais une version française est prévue pour février.
Cette alliance avec l’un des leaders européens sur le marché du sexe devrait pleinement satisfaire les quelque 700 000 clients actifs de Bluewin. La filiale Internet de Swisscom mise sur la qualité et la variété de l’offre. Le paiement et la protection des données seront sécurisés.
Avec 27 magasins, principalement installés dans des centres commerciaux, et un vaste catalogue de vente, Beate Uhse possède une forte expérience dans l’érotisme. La société allemande, cotée en Bourse depuis mai 1999, réalise déjà 10% de son chiffre d’affaires via Internet.
Le sexe à la rescousse d’Internet
Grâce à ce partenariat, Bluewin espère rentabiliser son portail Internet et ne fait que suivre le mouvement. «Les analyses, précise le fournisseur d’accès helvétique, ont montré que l’érotisme fait l’objet d’une demande croissante et ce domaine figure parmi les plus lucratifs.»
En manque d’argent, nombre de sites Internet de commerce électronique ne se contentent plus de vendre des articles traditionnels. Pour essayer de dégager des revenus, et ainsi survivre, ils se lancent dans le sexe, l’un des rares produits qui se vende toujours sur le Web.
Contrairement aux autres secteurs, dès le lancement de l’Internet, les sites porno ont misé clairement sur des services payants. Et ils n’ont jamais offert leur contenu gratuitement. Résultat, ils résistent à la crise qui frappe actuellement la Net Economie.
Les fournisseurs d’accès à Internet et les sites classiques, eux, essayent de rattraper le train en marche. En Allemagne, T-Online et Freenet proposent notamment des vidéos X et des photos érotiques. En Grande-Bretagne, Lastminute a lancé une vente aux enchères de gadgets érotiques.
Un marché de 3 milliards de dollars
Aux Etats-Unis, les sites classés X enregistrent un revenu de plus d’un milliard de dollars par an. Le bureau d’études Datamonitor estime que le marché mondial du porno sur Internet générera un chiffre d’affaires de plus de trois milliards de dollars dans un an.
Environ 45% des visites en ligne aboutissent sur une page érotique. Et les mots «sexe» ou «porno» figurent parmi les plus tapés sur les moteurs de recherche du Web.
Bref, le sexe est devenu un business comme les autres. Et même les sociétés publiques (la Confédération détient 65% du capital de Swisscom) ne peuvent y échapper.
Luigino Canal
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