Confronté à une faible croissance, ABB supprime des milliers d’emplois
Le groupe helvético-suédois a annoncé, mercredi, la suppression de milliers d'emplois. Ce n'est pas une surprise. Le numéro un de l'automation connaît depuis deux ans une croissance très faible.
Thomas Schmidt, le porte-parole d’ABB, a indiqué, mercredi, que le groupe allait se délester de milliers de salariés, sans procéder toutefois à des licenciements. Par le simple jeu des départs à la retraite, la société espère économiser, chaque mois, plusieurs centaines d’emplois.
En Suisse, ABB emploie 8200 personnes. Le pays sera touché proportionnellement à l’ensemble du groupe, soit à hauteur de 5 %. Cette mesure, explique encore le porte-parole de la société, «permettra d’améliorer l’efficacité du groupe et de comprimer les coûts».
En fait, cette baisse des effectifs s’explique par un recul de ses commandes de 5 % au cours du premier semestre. Déjà en avril dernier, le principal groupe européen d’électromécanique avait déçu les analystes financiers, en annonçant un chiffre d’affaires de 5,38 milliards de dollars, en hausse de seulement 2 %, et un bénéfice net de 138 millions de dollars (contre 200 millions prévus).
«Je pense que ce tableau en demi-teinte va se poursuivre. Je m’attends à la poursuite de cette situation mitigée, à laquelle nous assistons actuellement», reconnaissait alors Jörgen Centerman, le nouveau président d’ABB. Il s’était toutefois bien gardé d’annoncer des milliers de suppressions d’emplois.
ABB est un groupe protéiforme, qui réalise 30 % de son chiffre d’affaires dans l’automation, 25 % dans la transmission et la distribution d’énergie, 23 % dans les technologies du bâtiment, 10 % dans le gaz et la pétrochimie, et le reste dans des activités plus marginales.
«ABB continue d’avoir de bonnes positions concurrentielles, mais a vraiment besoin d’un axe de croissance majeur pour repartir du bon pied», soulignait Max Abitbol, le président d’ABB France, Moyen-Orient et Afrique, en juin dernier, dans le quotidien parisien «Les Echos».
Ian Hamel
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