Crédits douteux supplémentaires à la BCGe
La BCGe n'est pas encore assainie. Elle a découvert pour 225 millions de francs d'affaires douteuses. Après les 5 milliards de l'an dernier.
Pour se sauver, la Banque cantonale de Genève (BCGe) avait pris pour modèle le Crédit Lyonnais, en France. Tous les crédits qui risquent de poser problème (quelque 5 milliards de francs garantis par l’Etat de Genève) ont été placés dans une structure particulière que l’on a baptisée Fondation de valorisation. Et, pour les mauvaises langues, «Fondation des casseroles».
Apparemment, la banque cantonale ne s’est pas délestée de ses boulets les plus lourds, comme le révèle La Tribune de Genève de mercredi. «En catimini», la BCGe vient, en effet, de se débarrasser de 225 millions de francs supplémentaires.
Il s’agit d’une ardoise ancienne, antérieure à 1994 et donc à la création de la banque. Le débiteur? «Un groupe économique», que l’on peut considérer comme «un seul débiteur», nous assure Blaise Goetschin, le patron de la BCGe.
«Le contribuable paiera la facture»
«L’investissement des contribuables genevois dans sa banque cantonale (700 emplois) bat à plates coutures celui consenti par les pouvoirs publics dans le sauvetage de Swissair (15.000 emplois prévus)», écrit Elisabeth Eckert Dunning, éditorialiste de la Tribune de Genève. Car, une fois encore, c’est le contribuable qui va payer pour la facture des provisions de l’Etat.
Si la BCGe a consacré 2,3 milliards de francs à son sauvetage, l’Etat de Genève a dû provisionner 2,7 milliards de francs pour combler les pertes réalisées par la fondation de valorisation. Le plus choquant, c’est que cette nouvelle casserole de 225 millions de francs a été avalée «en catimini avec l’aval du Conseil d’Etat».
Seule consolation pour les Genevois, Micheline Calmy-Rey, la cheffe des finances, a juré que c’était la dernière fois qu’elle acceptait un transfert. Quant au directeur général de la BCGe, il répète que sa banque est dorénavant «très, très bien assainie». Les promesses n’engagent finalement que ceux qui les croient.
Ian Hamel
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