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Faire entendre la voix des plus pauvres à Doha

Esperanza Duràn, directrice de l'ACICI. Keystone Archive

Les membres de l'ACICI, basée à Genève, ont fort à faire dans le cadre de la Conférence ministérielle de l'OMC.

Des délégations commerciales de pays en voie de développement ont demandé l’aide de l’Agence de coopération et d’information pour le commerce international (ACICI) pour trouver leur place dans l’agenda de la Conférence.

Selon sa directrice, Esperanza Duràn, les pouvernements des pays les plus pauvres jouent un rôle plus actif que durant les négocations de l’Uruguay round, entre 1991 et 1994. «A l’époque, les pays les plus défavorisés avaient fini par signer un accord dont beaucoup ignoraient le contenu.»

La notion de «pays les plus défavorisés» concerne les 48 pays les moins développés selon les critères des Nations Unies, les petits pays en développement (comme le Vénézuela) et des pays en cours de transition, comme les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale.

Une aide très concrète

L’ACICI a été créée en 1998 par le gouvernement suisse dans le but d’améliorer la capacité des pays les moins favorisés à défendre leurs intérêts durant les grandes négociations commerciales.

Ses locaux sont situés tout près de l’Organisation mondiale du travail, à Genève. Son budget de 1,5 million de francs suisses, assuré par le Secrétariat d’Etat aux affaires économiques, ne permet pas plus de quatre postes à plein temps.

«L’autre jour, un diplomate étranger est venu nous demander de lui traduire un traité commercial qu’il devait négocier à l’OMC, raconte Esperanza Duràn. Nous lui avons dit d’accord, pour quand? ‘Pour ce soir’, a-t-il répondu. Ce que nous avons fait: dans certains cas, voyez-nous, nous parvenons à accomplir l’impossible!»

Un espace neutre

La cause des difficultés de beaucoup de pays pauvre est le manque d’interprètes dont souffre l’OMC, de sorte que nombre de documents ne sont pas traduits dans les trois langues officielles de l’organisation, l’anglais, le français et l’espagnol.

L’ACICI dispose d’une bibliothèque, de salles de réunions et de lecture ainsi que d’accès à internet. Mais son attrait principal est l’assistance personnalisée que l’agence fournit en cas de besoin. Le personnel de l’ACICI répond également aux demandes qui arrivent par e-mail ou par fax.

Service gratuit

Toutes les prestations de l’agence sont gratuites. L’ACICI offre un terrain neutre pour des discussions informelles entre délégués commerciaux.

Un exemple: le nouveau système douanier sur lequel les membres de l’OMC se sont mis d’accord en 1994. Il devrait entrer en vigueur bientôt, car la période transitoire arrive à son terme. Pour Esperanza Duràan, «les pays les plus défavorisés ont de grandes difficultés avec cet accord, car ils manquent notamment d’ordinateurs et de personnel qualifié».

Il en va de même pour certains points, décidés à l’issue de l’Uruguay round, et qui sont à l’ordre du jour du sommet de Doha. «La globalisation est une réalité, que cela nous plaise ou non. Ce que nous pouvons faire, c’est aider les pays les plus défavorisés à s’intégrer le mieux possible à ce marché en construction», conclut la directrice de l’ACICI.

Markus Haefliger.

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