Industrie des machines: la renaissance de Tornos
Donnée pour pratiquement morte il y a seulement cinq ans, la fabrique de tours automatiques Tornos à Moutier (BE) est non seulement sauvée, mais elle s'apprête à faire son entrée en bourse. Annoncée début février, elle aura lieu le 13 mars. L'opération devrait lui rapporter 100 millions de francs d'argent frais.
L’ex-Tornos-Bechler a pratiquement doublé son chiffre d’affaires entre 1997 et 2000, le faisant passer de 197 millions à 370 millions de francs. Sur ces quatre ans, le cash-flow brut (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) a crû en moyenne de 31% par an.
«Ces performances sont supérieures à ce que notre structure financière peut supporter. Nous avons besoin de capitaux pour conquérir de nouveaux marchés», a déclaré vendredi Anton Menth, patron de Tornos à l’occasion de la présentation de la future entrée en bourse de la société.
Du point de vue de l’investisseur, l’intérêt à miser sur Tornos «réside dans notre forte croissance, tant qualitative que quantitative», a continué M. Menth. «Nous sommes leaders dans la production de tours automatiques, la concurrence n’arrive pas à nous rattraper».
Avec ses 1230 collaborateurs, dont un millier dans la cité prévôtoise, la société table sur une croissance des ventes de 10% par an jusqu’en 2004. Sa marge brute devrait être de 13%. Elle entend en outre investir en moyenne 14 millions de francs par an dans la recherche et le développement.
Tornos affirme que la demande en pièces de décolletage, que fabriquent ses machines, augmente au niveau international. Deux tours automatiques sur trois de la société du Jura bernois sont commandés par des clients des industries électronique et automobile.
La possible entrée en récession de l’économie américaine, où Tornos a réalisé 21% de son chiffre d’affaires l’an passé (contre 56% en Europe), n’inquiète pas M. Menth. Selon lui, les perspectives demeurent solides dans le segment sur lequel sa société est active. Tornos a en outre la possibilité de s’étendre où elle est peu présente, comme en Europe de l’Est ou en Asie.
«La firme a totalement changé ces cinq dernières années», a rappelé M. Menth. Elle propose chaque année deux nouveaux produits issus de la technologie Deco 2000, combinant les avantages de la machine à came à ceux de la technologie numérique. La crise de la première moitié des années nonante est oubliée.
Les investissements nécessaires pour parvenir à ce résultat ont représenté 50 millions de francs entre 1999 et 2000 et Tornos en dépensera autant ces deux prochaines années. A l’étroit dans ses locaux, l’entreprise veut notamment construire un nouveau bâtiment à Moutier.
swissinfo avec les agences
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