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La fin de TV3 incarne l’échec des chaînes supra-cantonales

swissinfo.ch

Après Tele 24, TV3 disparaît à son tour. Et, avec elle, la dernière télévision privée d'envergure nationale. La faute à qui?

Née en 1999, TV3 avait pour ambition d’être la première chaîne privée suisse avec un programme complet. Elle a misé sur l’information nationale et les divertissements – on lui doit entre autres la version suisse de «Big Brother» et récemment «Pop Stars», réalisée sur le modèle de l’émission produite par M6.

Aujourd’hui, le groupe de presse zurichois Tamedia, actionnaire à 50%, a décidé de couper les vivres. Les 85 employés seront licenciés. La fermeture, prévue le 23 décembre, est justifiée notamment par le retrait de SBS Broadcasting – partenaire à 50%.

«Le marché a parlé»

Après la chute de Tele 24, c’est donc la dernière chaîne privée supra-cantonale qui disparaît. La fenêtre suisse de la chaîne allemande RTL ainsi que «ProSieben» avaient déjà cessé d’émettre au printemps 2000, sept mois seulement après leur arrivée sur le marché suisse.

«La disparition successive des deux chaînes alémaniques Tele 24 et TV3 a prouvé que l’existence d’une télévision privée diffusant dans toute une région linguistique était impossible, a déclaré mercredi le ministre suisse de la Communication Moritz Leuenberger. Le marché a parlé.»

Des ambitions trop grandes pour un trop petit territoire

«Les conditions ne sont apparemment pas réunies pour permettre la survie des télévisions privées supra-cantonales», confirme le journaliste Georges Plomb, grand connaisseur du paysage médiatique suisse.

TV3 a sans doute vu trop grand. Le territoire, lui, est trop petit. Autrement dit, le potentiel de téléspectateurs ne permet pas de générer des recettes suffisantes. «Le problème est semblable pour la presse écrite, poursuit Georges Plomb. C’est plus facile de rentabiliser un journal avec une forte implantation régionale et locale.»

La faute au système suisse…

Difficile donc de concurrencer le service public. Impossible même. Tamedia dénonce le système «trop favorable» à la SSR SRG idée suisse. Non seulement, la SSR profite seule de la redevance, mais en plus, elle jouit d’une liberté presque totale en matière de publicité et de sponsoring, estime TV3. Et c’est sans compter la concurrence étrangère.

Pionnier de l’audiovisuel privé, le patron de Tele24 Roger Schawinski avait d’ailleurs menacé récemment d’introduire de la publicité pour l’alcool – interdite en Suisse – pour contrer les pays voisins – qui eux l’autorisent.

Avec la nouvelle loi radio/TV, on va précisément vers une libéralisation. En matière de publicité notamment. «Cela pourrait aider les chaînes privées, commente Georges Plomb. Mais ce ne sera peut-être pas suffisant. On se heurte aux limites du territoire suisse. Un petit territoire.»

Alexandra Richard

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SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

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