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La Suisse à l’heure du marketing

Pour Johannes Matyassy, il est très important de développer un réseau de contacts, surtout dans les pays où la Suisse a connu quelques difficultés. Keystone

«Présence suisse», c´est le nom de l´organisme qui remplace désormais la défunte CoCo, «Commission de coordination de la présence suisse à l´étranger». Le politicien Johannes Matyassy en sera le premier directeur. Rencontre.

L’homme est jeune (43 ans), souriant, dynamique, et commute allègrement de l’allemand à l’espagnol en passant par le français et l’anglais. Actuellement Secrétaire général du Parti radical suisse, il s’apprête à travailler pour la Confédération, pour laquelle il a déjà oeuvré de 1985 à 1997. Extérieurement en tout cas, il aurait également le profil idéal pour représenter un établissement bancaire ou élaborer la stratégie marketing d’une grande entreprise.

Et cela tombe bien. Car selon les propos du conseiller fédéral Joseph Deiss, ministre suisse des Affaires étrangères, c’est bien de «marketing national» qu’il s’agit désormais. Une prise de conscience qui fait suite à l’affaire des fonds juifs, et au «déficit d’image» consécutif que la Suisse a subi, notamment aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Israël. Et la Confédération a décidé d’y mettre les moyens: budget quintuplé (46 millions de francs jusqu’en 2003), personnel doublé (une dizaine de personnes).

«Concernant l’image, la Suisse venait en tête du peloton. Elle continue d’avoir une bonne image dans presque tous les pays du monde. Mais cela ne va plus de soi, d’avoir une bonne image. Il faut la soigner, la maintenir à un niveau élevé. Le marketing est un élément très important de notre travail, parce que le monde a changé», explique Johannes Matyassy.

Et comment compte-t-il procéder? «Pour moi, il est très important de développer un réseau de contacts, surtout dans les pays où nous avons connus quelques difficultés, mais aussi dans les autres. Et en cas de problème, il est beaucoup plus facile de s’adresser à un ami, ou en tout cas à quelqu’un que vous connaissez, que de se tourner vers des inconnus. Imaginez par exemple que le 24 septembre prochain, la Suisse accepte l’initiative sur les 18 pour cent… Il y aurait alors un grand besoin d’explications à l’étranger».

De manière plus générale, quelle Suisse s’agit-il de proposer? «D’abord, le plus important, c’est que nous soyons convaincus nous-mêmes de ce que nous voulons transmettre. Deuxièmement, nous devons voir ce qui plaît aux étrangers. Si, grâce au chocolat, aux vaches, à Heidi, un certain public a une bonne image de la Suisse, laissons-lui ses convictions. Mais si je veux convaincre un entrepreneur de venir en Suisse, alors je dois lui montrer les avantages de la place économique helvétique».

«Nous avons l’aspect économique, l’aspect culturel, celui de la tradition humanitaire, et puis notre système politique… C’est un réservoir très riche d’arguments. Nous devons voir, sur place, les besoins de chaque pays et de chaque public, et donner le bon message».

Bernard Léchot

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