La Suisse met l’agneau britannique à l’Index
Les autorités suisses ont bloqué toute importation de bêtes et de viande britanniques. Une mesure qui fait suite à la découverte, en Grande-Bretagne, d'animaux atteints de la fièvre aphteuse. L'épizootie est très contagieuse pour les animaux, mais apparemment sans danger pour l'homme.
Dans un communiqué diffusé lundi, l’Office vétérinaire fédéral (OVF) souligne que le danger est réel. Il demande donc aux agriculteurs et vétérinaires de redoubler d’attention dans les étables, et d’éviter l’affouragement de déchets non chauffés à des porcs.
Les voyageurs sont également priés d’éviter tout contact avec du bétail ou des fermes britanniques. S’ils ont déjà effectué une telle visite, ils ne devraient pas s’approcher de bêtes helvétiques durant une semaine au moins. Finalement, il est interdit de rapporter de Grande-Bretagne des produits d’origine animale.
Pour l’heure, l’OVF n’envisage pas d’autres mesures. Et cela même si les comités d’éleveurs bernois ont demandé à la Confédération de stopper immédiatement toute importation de bétail onglé et de viande. Il faut préciser que la Suisse n’importait de Grande-Bretagne que de l’agneau.
L’Union européenne (UE) doit maintenant tracer ses importations d’animaux vivants ces derniers mois, afin de déceler d’éventuelles sources d’infections sur le continent. Si un animal atteint était découvert, l’UE bloquerait la circulation des bêtes par région. Un plan d’urgence auquel la Suisse serait associée.
Côté britannique, l’épidémie s’est encore amplifiée, lundi, avec la découverte de trois nouveaux foyers. Depuis samedi, plusieurs milliers de porcs, moutons et poulets ont été abattus. Les syndicats agricoles craignent désormais que la maladie n’échappe à leur contrôle.
L’épizootie pourrait même toucher d’autres pays. En effet, les autorités vétérinaires britanniques ne savent pas précisément quand l’épizootie est apparue. Certains craignent qu’elle ait pu se déclarer jusqu’à trois semaines avant la confirmation des premiers cas. Dès lors, certains animaux contaminés ont pu être exportés vers l’Europe.
Cette crainte a incité les pays européens à prendre de nouvelles mesures draconiennes. Les Pays-Bas et le Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie ont ordonné l’abattage préventif de plusieurs milliers de bêtes importées d’Outre-Manche. En France, 47000 moutons ont été mis en quarantaine.
La fièvre aphteuse touche les animaux à onglons tels que porcs, moutons, vaches et chèvres. Cette infection virale, pénible pour les bêtes, n’entraîne leur mort que dans 3% des cas.
Mais la production de lait se tarit presque définitivement. Ce qui entraîne d’énormes pertes économiques. De plus, le virus se propage très facilement, en utilisant des vecteurs aussi variés que le vent, les pneus des véhicules et les vêtements. En revanche, la maladie n’est pas dangereuse pour l’homme.
Le bétail anglais avait déjà été dévasté en 1967 et le bétail italien dans les années quatre-vingt. En Suisse, le dernier foyer de la maladie remonte à 1980.
En dehors de l’Europe, des cas ont également été découverts en Argentine, en Mongolie et au Swaziland. La Suisse n’importe cependant pas de viande des régions concernées.
Caroline Zuercher
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.