La Suisse part satisfaite de Doha
Les membres de l'OMC ont approuvé mercredi le lancement d'un nouveau cycle de négociations. Un résultat historique, selon la Suisse.
C’est donc à l’unanimité que les délégations réunies à Doha ont finalement approuvé trois déclarations âprement négociées durant les six jours qu’a duré la 4ème conférence ministérielle. «Nous avons lavé la honte de l’échec de Seattle. La machine est de nouveau en marche», s’est exclamé Pascal Couchepin, ministre suisse de l’économie.
L’Inde, qui jusqu’à la dernière minute a menacé de bloquer le lancement d’un nouveau cycle de négociations, s’est ralliée aux différents textes, après avoir obtenu des modifications mineures.
Ces trois documents consistent en une déclaration finale, une autre sur la santé publique et la propriété intellectuelle ainsi qu’un texte portant sur les mesures de mise en oeuvre des accords du cycle d’Uruguay pour les pays en développement.
Un cycle du développement
La déclaration finale précise les sujets qui seront négociés au sein de l’OMC à partir de janvier 2002. Un cycle baptisé «Doha development agenda» qui doit se terminer le 1er janvier 2005 au plus tard.
«Nous aurions pu lancer des négociations plus ambitieuses. Nous avons néanmoins obtenu l’amorce de discussions sur l’investissement, la concurrence, les achats publics et l’environnement qui nous permettent d’envisager des négociations sur ces sujets dans deux ans», a précisé Pascal Couchepin.
«Dans cette affaire, il n’y a pas de perdant» a estimé, de son coté, François Huwart, secrétaire d’Etat français au commerce. Le ministre suisse de l’économie a d’ailleurs tenu à souligner la très forte présence des pays en développement qui ont su, selon lui, se battre pour défendre leurs positions.
De fait, les pays du Sud ont obtenu un accès facilité aux médicaments génériques, en cas d’urgence sanitaire.
Les pays en voie de développement (PVD) ont également arraché la promesse d’un meilleur accès aux marchés du Nord pour leurs produits textiles. Ils ont en particulier obtenu que les Etats-Unis soumettent leur législation anti-dumping aux règles de l’OMC.
En outre, leurs exportations ne seront pas conditionnées à des clauses sociales. Quant aux normes en matière d’environnement et d’investissements, les pays riches se sont engagés à fournir une assistance technique pour permettre aux PVD de s’y préparer.
L’agriculture suisse épargnée
Mais la Suisse et l’Union européenne ont également de bonnes raisons d’être satisfaites. Concernant l’agriculture, la déclaration finale mentionne bien que les négociations porteront sur «des réductions, en vue de leur retrait progressif, de toutes formes de subventions à l’exportation».
Mais les Quinze ont réussi à limiter la portée de cet engagement en imposant le fait qu’il «ne préjuge pas des résultats de la négociation».
Berne et Bruxelles ont également réussi à obtenir l’ouverture de négociations en 2003 sur l’adoption de nouvelles règles en matière d’investissement et de concurrence.
Le résultat est par contre plus mitigé en ce qui concerne l’environnement, l’étiquetage des produits alimentaires et le principe de précaution. Des sujets dont il n’est pas sûr qu’ils soient négociés lors du nouveau cycle.
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.