Le Forum se perd dans la toile
Le site web du Forum économique mondial, réuni à New York, s'est retrouvé bousculé, ralenti. Victime de son succès? Ou d'une attaque de cyber-activistes?
Rassemblement annuel du gratin mondial des affaires et de la politique, déplacé pour cette édition de Davos à New York, le Forum économique mondial (WEF) a rapidement pris sa vitesse de croisière. Les sessions succédant aux séminaires, à un rythme soutenu, mais sans accrocs notoires.
Tout allait bien, donc, du côté de la réalité. C’est plutôt la virtualité qui clochait. Car, peu après le début de la réunion, et durant plus de 24 heures, la vitrine Internet du WEF n’a été accessible que de manière sporadique. Le site renvoyant en fait la plupart du temps un message d’erreur.
Sit-in virtuel
Une simple panne technique? Ce n’est pas tout à fait sûr. Plusieurs groupes opposées au Forum avaient en effet décidé de s’attaquer électroniquement à son site. C’est le cas de l’Electronic Disturbance Theater (EDT), qui développe depuis 1997 un nouveau type de manifestation, garanti sans gaz lacrymogène: la manif en ligne.
«Notre but n’est pas de s’introduire dans un système, ni de détruire quoi que ce soit, explique à swissinfo Ricardo Dominguez, l’un des fondateurs de l’EDT, basé à New York. Notre but est d’empêcher le bon fonctionnement d’un système.» Ce que Ricardo Domínguez appelle un sit-in virtuel.
Mode d’emploi
La méthode est simple: les cyberactivistes, où qu’ils soient, installent sur leur ordinateur un programme qui consiste à envoyer de très nombreuses demandes des mêmes pages. Il s’ensuit une augmentation du trafic et une baisse de la performance du site visé.
Cette fois, c’est donc le Forum économique mondial qui était sur la liste noire. Lors du premier jour de l’action, quelques 40 000 utilisateurs ont téléchargé le logiciel de EDT. Les Suisses venant au 7e rang. Mais Ricardo Dominguez ne crie par pour autant victoire. «Il en faudrait beaucoup plus, explique t-il, pour réduire un site au silence.»
Cybervandales
Le porte-parole du Forum ne cherche pas à cacher le problème. «Nous avons eu un nombre incroyable de demandes pour nos pages», admet Charles McLean. Il voit deux explications possibles: un très fort intérêt du public pour la réunion de New York. Ou alors l’action de «cybervandales».
«Ca serait malheureux, poursuit Charles McLean, car notre activité est liée au dialogue, donc à la communication. Et notre site web est un précieux instrument de communication.» L’activisme électronique serait-il un mauvais coup de sabot de la globalisation?
Pierre Gobet, New York
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