Le métro aérien de Bangkok dans l’escarcelle du Crédit Suisse
Le 5 octobre prochain, le conseil d´administration du Bangkok Transit System (BTS) le métro aérien de la capitale thaïlandaise devrait confirmer la cession d'une majorité d'actions au Crédit Suisse First Boston (CSFB).
A priori, le pari est très risqué. Assommé par le poids de ses dettes qui a explosé avec la crise asiatique et la dévaluation du baht thaïlandais en 1997, le métro aérien de Bangkok ou BTS est une affaire délicate.
Son succès populaire reste limité en raison de tarifs jugés trop élevés par la population de la capitale siamoise. Et le fait que seulement deux lignes soient actuellement en service restreint ses possibilités ultérieures de profit. Mais en bons connaisseurs de la scène asiatique, les dirigeants du Crédit Suisse First Boston ont compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer d’une telle situation.
En novembre 1999 puis en mars 2000, la filiale de la banque helvétique alliée au groupe de Hongkong New World avait acquis aux enchères 23 pour cent des actions de BTS qui cherchait alors à éponger ses dettes. Il lui restait à concrétiser cette opération financière par une entrée en force au conseil d’administration, et un nouveau rachat qui lui permettrait de devenir l’actionnaire majoritaire.
Or l’affaire semble bouclée. Le 5 octobre prochain, la cession de 53 pour cent du capital de BTS au Crédit Suisse et à son partenaire de Hongkong sera avalisée par le groupe Thanayong. Des changements importants à la tête du métro aérien de Bangkok pourraient en résulter.
L’objectif du Crédit Suisse apparaît double: d’abord, cette opération réalisée au moment où les marchés financiers asiatiques sont au plus bas lui permet de mettre la main sur un beau paquet d’actions à un prix relativement modique. «Un beau trésor de guerre… » lâche un banquier français familier de Bangkok, persuadé comme beaucoup d’autres que les résultats financiers du métro aérien vont s’améliorer si la croissance économique se réinstalle en Thaïlande.
L’autre volet de cette opération est, pour la banque helvétique, d’adresser un message aux gouvernements de la région qui poursuivent cahin-caha leurs grands projets d’infrastructure lancés au début des années 90.
«Le Crédit Suisse démontre qu’il peut financer de tels projets et qu’il est un acteur incontournable de la place..», souligne Pansak Viratyatn, un éditorialiste économique thaïlandais renommé.
Jacques Lament, Bangkok
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