Le patron de Crossair ne veut pas des casseroles de Swissair
La nouvelle compagnie ne peut pas payer ce que réclame Air Lib. Elle ne veut pas non plus soutenir le plan social de Swissair.
Crossair ne peut pas payer ce que réclament en justice les anciens partenaires de Swissair, dont le français Air Lib (ancienne AOM-Air Liberté). C’est ce qu’a déclaré samedi André Dosé, patron de la compagnie régionale bâloise, sur les ondes de la Radio suisse romande.
Selon le patron de Crossair, ces affaires dureront quatre à cinq ans. Il préférerait se concentrer sur le projet de création de la nouvelle compagnie nationale, qui doit renaître sur les décombres du Swissair Group. Mais «les risques sont là», a-t-il constaté, relevant qu’Air Lib réclame 600 millions d’euros (882 millions de francs).
Au total, les plaintes en dommages et intérêts formulées à l’étranger à l’encontre de Swissair Group se montent à plusieurs milliards de francs. Vendredi, le commissaire à la liquidation, Karl Wüthrich, a annoncé avoir fait des provisions de 4 milliards de francs pour y répondre.
Mesure de précaution
Ce montant ne devra pas forcément être versé. Ces provisions sont une précaution au vu des plaintes en dommages et intérêts à prévoir en provenance de Belgique, de France, d’Allemagne et du Portugal notamment.
Et les anciens employés de Swissair? André Kudelski, membre du conseil d’administration de Crossair, l’a réaffirmé: le plan social en élaboration pour les employés de Swissair ne concerne que les responsables de la compagnie en déroute.
André Kudelski ne ferme toutefois pas définitivement toutes les portes: «s’il y a une possibilité de ménager les différentes parties sans mettre en danger le projet (reprise de 26 long- courriers et 26 moyen-courriers de Swissair), je pense que cela sera discuté», affirme-t-il samedi dans une interview publiée par «La Tribune de Genève».
L’argent du contribuable
Crossair veut donc regarder vers l’avenir. La compagnie a déjà eu des discussions avec les trois alliances existantes que sont Oneworld (British Airways), Star Alliance (Lufthansa) et Sky Team (Air France). De nouvelles négociations doivent avoir lieu la semaine prochaine avec les deux premières.
Moritz Leuenberger semble, lui aussi, vouloir assurer l’avenir. Samedi à Winterthour, le président de la Confédération a souligné que les politiciens et les responsables économiques doivent mettre fin aux luttes de pouvoir autour de la nouvelle compagnie aérienne suisse.
Animosités personnelles et rivalités régionales doivent être dépassées, a dit Moritz Leuenberger devant les délégués du Parti socialiste (PS).
Et le président de la Confédération de rappeler que l’argent investi est celui de tous les habitants de la Suisse. Ils ont droit à ce que cette contribution ne soit pas anéantie par des jalousies et des intrigues. Les employés de la nouvelle compagnie attendent que la paix revienne enfin, a conclu Moritz Leuenberger.
swissinfo avec les agences
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