Les banques ne financeront pas le plan social de Swissair
Les actifs en liquidation qui devaient assurer le préfinancement du plan social ne sont toujours pas garantis. Il faut attendre le printemps.
Le verdict émane de Karl Wüthrich, le commissaire au sursis concordataire. Au vu des attentes des dernières semaines, M. Wüthrich porte un jugement «beaucoup moins positif» de la situation des actifs et des créances privilégiées de Swissair, écrit le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco).
Les dernières tractations de la Task Force Personnel de Swissair ont été dominées lundi par la question du préfinancement du plan social.
Le commissaire estime qu’un préfinancement du plan social ou l’obtention d’un crédit pour le compte de la masse est possible si le plan Phénix aboutit à fin mars et si les hypothèses relatives à la situation financière ainsi que la perspective d’une liquidation concordataire se confirment. Les actifs sur la liste du juge en cas de sursis ne sont pour l’heure pas garantis.
Incertitudes
Les actifs effectifs pourraient en outre se révéler «nettement inférieurs» et le total des créances privilégiées peut augmenter sensiblement d’ici au printemps. En l’état, l’appréciation de la réalisation des hypothèses actuelles dans l’ordre de grandeur retenu n’est pas suffisamment sûre.
Les bases d’évaluation seront bien meilleures à fin mars. De ce fait, le commissaire n’est pas en mesure de prélever sur la masse les sommes destinées à préfinancer le plan social ou de les financer par voie de crédit.
Pas de préfinancement
Compte tenu de cette appréciation, l’UBS et le Credit Suisse Group estiment ne pas pouvoir octroyer de crédits commerciaux dans la situation actuelle, explique le seco.
Parallèlement, la Task Force s’est penchée sur la solution de financement «Incentive». Cette variante, proposée par le Conseil fédéral, prévoit qu’une partie des recettes dépassant les 750 millions de francs prévus pour la saison d’hiver finance le plan social.
Cette solution permettrait à la fois une incitation à maximiser les recettes et aurait un impact positif sur le prêt de la Confédération. Pour Jean-Luc Nordmann, chef de la «Task Force Personnel de Swissair», cette variante incitative devrait profiter essentiellement au personnel mis à la retraite anticipée et au fonds des «flight attendants».
Déception
Les partenaires sociaux ont pris note «avec beaucoup de regret» de la manière dont le commissaire juge la situation financière et des conclusions qu’en ont tiré les banques. M. Nordmann les a invités à faire tout leur possible pour que le projet Phoenix Plus réussisse et pour que, par-delà le plan de paiement de 50 millions de francs, des plans sociaux plus étendus puissent voir le jour au printemps.
Le 26 novembre, les partenaires sociaux de Swissair Group avaient trouvé un compromis sur un plan social de 50 millions de francs. Ce compromis voit les employés renoncer à une partie des salaires auxquels ils avaient droit, mais permet de diminuer de 140 à 50 millions de francs le montant nécessaire à sa réalisation. Il devrait être financé par la masse des actifs en liquidation.
swissinfo avec les agences
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