Peu de risques de catastrophe dans le transport ferroviaire
L'Office fédéral de l'environnement veut uniformiser l'appréciation des risques en matière de transport ferroviaire de matières dangereuses. Selon une première appréciation de la situation, 4% du réseau ferroviaire font courir un risque «inacceptable» à la population.
Les convois ferroviaires transportent fréquemment des matières hautement inflammables, toxiques ou explosives. En cas d’accident, les risques encourus par la population sont donc grands.
Le but des autorités est d’éviter des catastrophes. Par catastrophe, il faut entendre des accidents qui provoqueraient plus de dix morts. Philippe Roch, directeur de l’Office fédéral l’environnement, reconnaît que fixer une telle limite peut sembler cynique, mais elle correspond aux normes internationales.
Cent morts tous les dix millions d’années
Mais pour gérer les risques, encore faut-il qu’ils puissent être analysés d’une manière uniforme. C’est la raison pour laquelle le Département fédéral de l’environnement édicte des directives à l’intention des autorités fédérales et cantonales et des entreprises de transport. Elles entreront en vigueur le 1er août.
Toutefois, les travaux préliminaires de l’Office fédéral de l’environnement permettent déjà de livrer une appréciation. Il en ressort que 4% du réseau font courir à la population des risques «inacceptables», un tiers des risques «intermédiaires» et le reste des risques «acceptables».
Le réseau ferroviaire suisse étant long de quelque 3000 kilomètres, seuls 135 kilomètres se retrouvent donc dans la catégorie des risques «inacceptables». Il s’agit évidemment de zones très peuplées (régions bâloise, zurichoise et lémanique notamment), où un accident impliquant des produits dangereux pourrait faire de nombreuses victimes.
Il faut toutefois relativiser. Selon les statisticiens, il y a, dans la région biennoise, une probabilité qu’un accident cause plus de cent morts tous les dix millions d’années! «Mais cet accident peut aussi se produire demain», avertit Philippe Roch.
Un plan de mesures
Même si les risques sont moindres, les autorités veulent les limiter au strict minimum. Un groupe de travail réunissant des fonctionnaires, des experts des CFF et des industries chimiques, devra présenter un plan de mesures d’ici à la fin de l’année.
Dans l’idéal, il s’agirait de fabriquer les produits chimiques dangereux à l’endroit où on les utilise, afin d’éviter des convois dangereux. Ou encore de construire de nouvelles infrastructures ferroviaires qui évitent les zones très peuplées.
Mais les spécialistes de l’Office fédéral de l’environnement sont conscients que de telles mesures engendreraient des coûts beaucoup trop importants pour l’économie. Il faudra donc trouver des solutions moins onéreuses.
Il serait ainsi possible de réduire la vitesse des trains dans les zones à risques, de limiter la quantité de marchandises dangereuses transportées dans un convoi ou encore d’améliorer la sécurité du matériel roulant.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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