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Sabena survit, mais les craintes belges subsistent

Sauvetage définitif ou simple sursis pour la compagnie belge? swissinfo.ch

La Belgique accueille la recapitalisation de Sabena, annoncée lundi, avec un soulagement fortement teinté d'inquiétude: la possibilité pour SAirGroup de se désengager de la compagnie belge accrédite la thèse d'un simple sursis.

Le personnel de Sabena se retrouve dans une situation très inconfortable. Il a consenti à d’importants sacrifices pour faire aboutir la recapitalisation, mais tout indique que cette restructuration n’est pas la dernière. D’où l’amertume des syndicalistes qui ont négocié le plan social avec la direction. Ils attendaient, en retour, des garanties de pérennité. SAirGroup s’y est refusé.

Pour obtenir les économies exigées, le personnel n’a pas hésité à faire les fonds de tiroir. Un exemple anecdotique parmi cent: les citrons ne seront plus préalablement coupés en rondelles par un sous-traitant, cette tâche reviendra au personnel de cabine. Economie annuelle: 65 milliers de dollars…

Au terme du Conseil d’administration décisif, les représentants du groupe suisse n’ont pas daigné s’expliquer sur leur position. Ils se sont engouffrés dans leur voiture, laissant aux seuls dirigeants belges le soin de faire l’exégèse de la «réévaluation du partenariat» mentionnés dans les communiqués de presse.

Certes sibylline, cette indication montre que SAirGroup envisage de mettre fin à son alliance avec Sabena. Cela lui coûterait cher. La presse belge croit savoir que les contrats passés entre l’Etat belge et le groupe suisse prévoit, en cas de désistement de ce dernier, une pénalité de l’ordre de 500 millions de dollars.

Pour le quotidien Le Soir, il règne désormais «un climat de méfiance entre Zurich et Bruxelles». La Libre Belgique note pour sa part que «des doutes continuent de planer sur l’avenir de la compagnie». La Sabena est sauvée, mais seulement «à court terme».

La Belgique retient son souffle jusqu’au 2 avril, date de la présentation par SAirGroup de ses résultats 2000 et de sa nouvelle stratégie. Dans cette perspective, les inquiétudes belges sont renforcées par les nouvelles venues de France, où les trois compagnies passées sous l’aile de SAirGroup sont en péril.

Marc Rochet, successeur du Suisse Paul Reutlinger à Paris, a fait part de la situation dans une lettre au personnel d’AOM, Air Littoral et Air Liberté. «J’ignore si notre entreprise peut être sauvée», écrit-il notamment, évoquant des pertes de 400 millions de dollars pour l’année 2000. Le Soir observe la similitude: «En France comme en Belgique, les nouveaux dirigeants de SAirGroup multiplient les déclarations viriles, exigeant des efforts du personnel et des restructurations».

Thierry Zweifel, Bruxelles

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