Swissair, en livre, en film… et en vrai
Il y a trois ans exactement, Swissair effectuait son ‘grounding’. A l’heure où André Dosé publie un livre qui raconte l’événement, on annonce le tournage d’un film qui paraîtra en octobre 2005.
Par ailleurs, la décision quant au dépôt de plaintes contre certains dirigeants de Swissair se précise.
Le 2 octobre 2001, il y a exactement trois ans, la flotte de Swissair restait clouée au sol. C’était le fameux « grounding ». La journée la plus noire de l’histoire de la compagnie aérienne. Quelques mois plus tard, Swissair disparaissait et André Dosé reprenait les commandes de la nouvelle Swiss.
2 octobre 2001, 2 octobre 2004… Le hasard fait bien les choses – car officiellement il s’agit d’un hasard – trois ans exactement après le «grounding» de Swissair, André Dosé publie, en allemand pour le moment, «Sturmflug» (Vol en pleine tempête).
Ecarté depuis cinq mois de la direction de Swiss, l’ancien pilote Dosé raconte la fin de la compagnie Swissair et les débuts difficiles de Swiss, jusqu’à son départ, au printemps dernier… Ecouter son interview ci-dessus.
Sur écran
Un film entend également à raconter les dernières heures de Swissair. «Pourquoi les avions de la compagnie sont-ils restés immobilisés le 2 octobre 2001?», s’est interrogé vendredi le producteur du film Peter Christian Fueter devant la presse à Kloten (ZH).
Le long-métrage, «Grounding – Les derniers jours de Swissair», qui se base sur le livre «La chute de Swissair» du rédacteur en chef de «Bilanz», René Lüchinger, prétend montrer vraiment ce qui s’est alors passé. Le film repose aussi sur de nouveaux documents, rapports et entretiens avec les personnes concernées, a ajouté M. Fueter.
Qui précise: «Même si le film aborde un sujet de société, nous voulons d’abord ranconter une histoire passionnante.» Selon le producteur, le film, qui se veut dans la lignée de long métrages comme «JFK» ou «Traffic», mêlera images d’archives et scènes d’acteurs.
Silence, on tourne!
Du côté de la distribution, de nombreux acteurs alémaniques sont impliqués dans le projet. Hanspeter Müller, que le public romand a pu voir dans la série «Lüthi et Blanc», tiendra le rôle de Mario Corti, ex-patron de Swissair. Jürg Löw («Micmac à la Havanne») incarnera Moritz Suter, le fondateur de Crossair.
Gilles Tschudi («Mein Name ist Bach») interprétera le rôle de Marcel Ospel, l’actuel président de l’UBS, et Rainer Guldener celui de l’ex-patron du Credit Suisse Group, Lukas Mühlemann. Le tournage devrait débuter à mi-janvier sur les lieux originaux, dont principalement à Balsberg (ZH) siège de l’ex-Swissair, et se prolonger jusqu’à fin mars.
Le film sera projeté dans les salles le 2 octobre 2005, exactement quatre ans après le «grounding» de Swissair. Mais une épée de Damoclès pèse sur le projet: «certains milieux préféreraient que le projet échoue», a accusé Peter Christian Fueter, sans toutefois citer de noms.
A ce propos, seul un petit nombre de scenarii a circulé, a indiqué le producteur. Par ailleurs, l’équipe de production et les acteurs se sont engagés conventionnellement à ne pas évoquer avec des tiers le contenu et la naissance du film.
Le coût de la production, dont le financement est assuré, se monte à 4 millions de francs. La Confédération et le canton de Zurich y ont participé à hauteur de 1 et 1/2 million de francs, respectivement. La télévision Suisse alémanique a versé un demi-million. Les banques ne figurent pas parmi les contributeurs.
Du côté du réel
Et dans le monde de la réalité, ni livresque, ni cinématographique, que se passe-t-il ? La décision quant au dépôt de plaintes contre certains dirigeants de Swissair pourrait tomber à la fin de l’année. Pour le moment, la probabilité que des actions en justice soient entreprises se renforce, estime Karl Wüthrich, le liquidateur de Swissair.
Les consultations avec le comité des créanciers se poursuivent, a déclaré vendredi l’avocat zurichois sur les ondes de la Radio suisse alémanique. Ensuite des discussions avec les responsables pourront être tentées. La voie d’un règlement extra-judiciaire est aussi possible. De toute manière, la situation devrait s’éclaircir d’ici à la fin de l’année.
Dans le cas où des plaintes en responsabilité seraient déposées, Karl Wüthrich entend exiger des montants conformes au niveau du dommage subi, que le liquidateur estime entre 10 et 15 milliards de francs. «En ce sens, 50 millions ne suffiront pas», a-t-il précisé.
Mais des plaintes ne seront déposées, que si elles ont des chances de succès. La difficulté principale réside dans le fait de prouver la négligence des responsables, a ajouté le liquidateur. La question de la marque Swiss, que le liquidateur juge toujours trop proche de Swissair, reste ouverte, a-t-il rappelé.
swissinfo et les agences
Trois ans après le ‘grounding’ de Swissair, l’ancien patron de Swiss publie sa vision des choses dans un livre intitulé «Sturmflug» (Vol en pleine tempête).
Par ailleurs, un film prévu pour octobre 2005, racontera les derniers jours de la compagnie aérienne. Il mêlera fiction et images d’archive.
Enfin, la décision quant au dépôt de plaintes contre certains dirigeants de Swissair pourrait tomber à la fin de l’année.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.