Un groupe minier suisse sous pression en Afrique du Sud
Xstrata accepte d'ouvrir des négociations avec le syndicat sud-africain des mines. Il n'exclut pas d'indemniser ses employés contaminés au vanadium.
Le groupe basé à Zoug est en effet accusé par le syndicat d’avoir négligé la santé de ses ouvriers. D’ailleurs, le ministère sud-africain des Mines a lancé une enquête officielle.
Xstrata a racheté en 1997 Vantech. Cette société – qui exploite une mine et une raffinerie de vanadium dans la province de Mpumalanga – emploie 263 ouvriers.
Selon un rapport du ministère sud-africain des Mines, 79 d’entre eux ont développé des maladies respiratoires, après avoir inhalé de la poussière de vanadium. Et quatre malades auraient succombé à une forte intoxication.
Négociations avec les syndicats
La direction de Vantech a toujours nié avoir négligé la santé de ses ouvriers. Elle reconnaît toutefois que certains d’entre eux ont été contaminés. Mais elle ajoute que leurs problèmes de santé se résorbent généralement dans les douze mois .
Mise sous pression par l’ouverture d’une enquête publique le 27 novembre, conduite par le ministère des mines, Vantech a toutefois accepté d’engager des négociations avec le syndicat des mineurs.
Ce dernier a récemment annoncé un accord sur des compensations payées aux travailleurs. Mais le directeur-général de Vantech, Chris Smith, a aussitôt réagi en estimant que cette annonce était «prématurée» et qu’elle «rompait le climat de confiance entre les deux parties». Le syndicat a d’ailleurs reconnu avoir commis une erreur.
En fait, la promesse de discussion entre les deux parties prévoyait qu’il n’y aurait aucune déclaration unilatérale avant la publication d’un communiqué conjoint.
De son côté, le ministère des Mines confirme qu’il n’y a pas encore d’accord sur d’éventuelles indemnisations. En échange de celles-ci, la société Vantech voudrait obtenir la garantie qu’il n’y aura aucune poursuite judiciaire, ni mise en cause de l’entreprise.
Valérie Hirsch, Johannesbourg
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