Grande-Bretagne: les émeutes et les arrestations se poursuivent
(Keystone-ATS) Encore sous le choc des émeutes de samedi soir, Londres a connu une troisième journée consécutive de violences dans plusieurs quartiers, marquée par des dizaines d’arrestations. Les enquêteurs tentaient lundi d’éclaircir les causes de ces troubles inédits depuis plusieurs années.
Au total, 215 personnes – dont un garçon de onze ans – ont été arrêtées depuis le début des violences, a déclaré lundi la ministre de l’Intérieur, Theresa May, qui a dû écourter ses vacances.
De nouveaux affrontements ont éclaté lundi dans le quartier défavorisé de Hackney, dans l’est de la capitale, après les premières violences survenues samedi à Tottenham et tout au long du week-end dans plusieurs quartiers.
Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins neuf membres des forces de l’ordre ont été blessés et 35 pendant le week-end, selon la police qui s’est dite «choquée par cet incroyable niveau de violence à son encontre».
A Hackney, des dizaines de jeunes ont vandalisé plusieurs magasins, pillé un camion et incendié des voitures et des poubelles lundi. La nuit précédente, des petits groupes de jeunes ont harcelé les forces de l’ordre dans d’autres quartiers, endommageant plusieurs de leurs véhicules, détruisant des devantures et pillant des magasins.
«Criminalité d’imitation»
Pour les services de sécurité, il s’agit d'»actes criminels inspirés» par ceux survenus la nuit précédente à Tottenham, un quartier déshérité et multiethnique du nord de la capitale britannique, déjà le théâtre d’émeutes en 1985.
A Walthamstow, Enfield, Islington (nord), Brixton (sud) et même à Oxford Circus, en plein coeur du Londres touristique, les mêmes scènes se sont reproduites, avec de «petites poches de violence et des pillages», d’après les autorités.
«C’est parti visiblement de ce qui s’est passé à Tottenham… Mais ça ressemble fort à une excuse. Ça n’a juste pas de sens», déplorait un responsable d’un club de gym à Brixton qui a dû garder portes closes lundi.