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Heidi.com: accusations de harcèlement et problèmes financiers

Etablie à Neuchâtel, la marque Heidi.com a reçu des soutiens publics (photo symbolique). KEYSTONE/GAETAN BALLY sda-ats
Ce contenu a été publié le 30 août 2019 - 16:31
(Keystone-ATS)

La marque de vêtements neuchâteloise Heidi.com vit des heures difficiles. Dans une situation financière préoccupante, l'entreprise est désormais accusée par des ex-employées de licenciement abusif en lien avec du harcèlement sexuel. La direction parle de calomnie.

"Nous avons déposé des actions en prud'hommes pour quatre collaboratrices pour licenciements abusifs", a déclaré vendredi à Keystone-ATS Catherine Laubscher du syndicat Unia, revenant sur une information d'Arcinfo. "Ces personnes n'ont pas été licenciées pour des raisons économiques mais il s'agit de licenciements représailles après qu'elles se sont plaintes de harcèlement sexuel et de propos à connotation sexuelle", a-t-elle ajouté.

"D'ailleurs, le conseil d'administration de l'époque a eu connaissance de ces comportements et le cadre incriminé a été licencié avec effet immédiat, avec interdiction de revenir dans les locaux", a précisé la syndicaliste. Selon Arcinfo, ce cadre aurait été réintégré depuis comme bras droit de la directrice générale Séverine Meier.

"C'est faux", a répondu à Keystone-ATS Séverine Meier. "Un mandat lui a été donné parce qu'un client prestigieux exigeait de collaborer avec lui sur un concept très élaboré mais cette personne n'a pas été engagée et a fait très attention en travaillant en dehors des locaux de Heidi.com".

Pour Catherine Laubscher, "même si l'entreprise ne va pas bien financièrement, les quatre collaboratrices n'ont pas été licenciées pour des motifs économiques car des personnes ont été réengagées derrière". "En plus d'évidentes raisons économiques, j'ai dû me séparer d'elles car elles voulaient ma tête et ont manigancé dans mon dos", a rétorqué la directrice générale, qui a ajouté que la confiance était rompue.

Plainte pénale

Séverine Meier précise d'ailleurs qu'elles ont été licenciées dans les règles et que si elle a réengagé des personnes, c'est à un autre pourcentage ou pour d'autres compétences. "En décembre, j'avais déjà envoyé un mail qui annonce un plan de licenciements, vu la position économique difficile". Le nombre d'employés a d'ailleurs été réduit de moitié à environ cinq personnes actuellement.

La directrice a ajouté qu'elle a dû aussi licencier une personne pour justes motifs car elle l'avait enregistrée à son insu. Au vu de ce qui précède et de ce qu'elle a découvert sur les actions d'un ancien responsable, Heidi.com a décidé de déposer plainte pénale contre ces deux personnes pour "calomnie, vol, enregistrement non autorisé de conversation, atteinte astucieuse aux intérêts pécuniaires et accès indu à un système informatique".

Enquête en cours

"L'enquête du Ministère public est en cours mais ce n'est pas fini car on vient de découvrir que quelqu'un est en train d'annuler la marque (ndrl: l'invalider auprès du registre des marques) pour essayer de la reprendre à son compte", a ajouté Séverine Meier.

La directrice reconnaît que la situation financière de l'entreprise, qui dégage un chiffre d'affaires de 3,5 millions de francs, n'est pas au mieux, mais qu'elle vient d'obtenir un crédit bancaire d'un demi-million pour l'aider à payer ses fournisseurs. "On a livré une nouvelle collection à Migros et on a plein de projets comme la fabrication d'un nouveau pullover made in Neuchâtel, grâce à une imprimante 3D", a-t-elle ajouté.

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