Comment remplir les rangs de la Garde pontificale
Jean Paul II a reçu 28 nouveaux gardes suisses. Cette prestation de serment intervient alors que l'affaire Tornay décourage les vocations.
Parmi les nouvelles recrues figurent 18 Suisses alémaniques, quatre Romands et six Tessinois. Cela dit, la noble mission de Garde pontifical, qui attirait par le passé de nombreux volontaires, n’a plus la même aura qu’auparavant.
Des zones d’ombre
Aujourd’hui, on ne se bouscule plus au portillon. Surtout depuis la dramatique affaire Esterman, survenue le 5 mai 1998: l’assassinat du nouveau commandant de la garde et de son épouse par le caporal Cédric Tornay. Selon une version officielle non dépourvue de zones d’ombres, Cédric Tornay se serait ensuite donné la mort.
Justement, pour remédier à des difficultés de recrutement, le commandant Pius Segmuller a multiplié les opérations de communication. En faisant sa propre publicité.
Ainsi, la prestation de serment des 28 nouvelles recrues a même été retransmise par une chaîne de télévision catholique italienne. Ce qui est en soi une première depuis 4 ans.
Il s’agit de rétablir l’image des gardes suisses qui mettent leur vie et leurs actes au service du Saint Père et de l’Eglise
Une histoire méconnue
Les touristes qui s’immortalisent sur photo à-coté d’un garde suisse connaissent rarement l’histoire de ces soldats.
L’histoire de la Garde Suisse Pontificale remonte au début du 16e siècle. En janvier 1506, 150 soldats suisses entrèrent à Rome, au service du pape Jules II, pour assurer sa sécurité.
21 ans plus tard, le 6 mai 1527, lors du sac de Rome, 141 gardes suisses moururent en défendant l’accès à Saint-Pierre et d’autres réussirent à sauver le Pape Clément VII.
Depuis, chaque année, le 6 mai, les gardes prêtent serments. Leur mission: protéger le Pape et son entourage, au Vatican comme à l’étranger.
Mais pour être garde, il faut être citoyen suisse de sexe masculin, de confession catholique romaine, être âgé de 19 à 30 ans, être célibataire, et mesurer plus de 1 mètre 74.
swissinfo/Georges Michel à Rome
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