La Suisse entraînée dans la bataille pour Jérusalem
Ariel Sharon déploie des efforts tous azimuts afin de se faire passer pour un homme modéré bien loin des images d'extrémiste qui lui collent à la peau. Mais la demande brutale faite à la Suisse de retirer son bureau de liaison avec les Palestiniens à Jérusalem-Est jette une lumière crue sur l'un des objectifs prioritaires de son gouvernement.
Concrètement, le premier ministre israélien veut procéder à un démontage systématique des ouvertures faites aux Palestiniens par ses prédécesseurs, en particulier sur le «joyau» des territoires occupés en 1967, Jérusalem-Est.
Choqués et outrés par le principe d’un règlement du conflit qui prévoit une souveraineté juive sur les quartiers juifs et palestinienne sur les quartiers arabes – un principe accepté par Ehud Barak à Camp David et repris dans les propositions Clinton de décembre -, les nationalistes israéliens ont décidé de tout entreprendre pour faire revenir en arrière la roue de l’Histoire.
Ariel Sharon n’a cessé de répéter durant la dernière campagne électorale que «Jérusalem est et restera la capitale indivisible d’Israël». Après sa victoire, les ténors nationalistes du gouvernement l’ont affirmé: «la bataille de Jérusalem a commencé».
Tout ce qui, de près ou de loin, symbolise un embryon d’administration palestinienne ou une reconnaissance internationale des droits des Palestiniens sur les quartiers arabes de la ville doit être éliminé.
Dans cette optique, le bien innocent bureau de liaison suisse avec les Palestiniens avait valeur de reconnaissance diplomatique des droits, si ce n’est d’une souveraineté palestinienne en devenir, sur la partie arabe de Jérusalem.
Il n’en fallait pas plus pour que ce bureau devienne une cible prioritaire dans la ligne de mire du gouvernement Sharon. Bien malgré elle, la Suisse s’est donc retrouvée en première ligne sur le front de la bataille pour Jérusalem.
Pascal de Crousaz, Jérusalem
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