Les condoléances iraniennes aux Etats-Unis passent par la Suisse
Les manoeuvres diplomatiques se poursuivent en Europe et aux Etats-Unis dans la perspective de représailles militaires contre Oussama ben Laden, instigateur présumé des attentats de New York et de Washington. Pendant ce temps, nombre de dignitaires iraniens signent le livre de condoléances à la mémoires des victimes américaines, dans l'ambassade de Suisse à Téhéran. Celle-ci représente les intérêts américains.
Mardi, Ahmad Borghani, député et porte-parole de la présidence du Parlement iranien, était là. Petit, plutôt rond, ce député réformateur est un proche du président Khatami, qui était d’ailleurs son porte-parole durant la dernière campagne électorale. C’est dire que c’est un homme de confiance.
«Au nom du Parlement et de son président je suis venu signer ce livre pour exprimer notre sympathie avec les familles des victimes, le peuple américain mais aussi la chambre des Représentants», a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que «tous les pays du monde devaient coopérer pour lutter contre le terrorisme.» L’ambassadeur de Suisse a promis de «transmettre le message.»
Améliorer son image
Ce geste, pour le moins inhabituel, marque la volonté des responsables modérés iraniens d’utiliser cette crise pour améliorer l’image de l’Iran auprès des Occidentaux mais aussi des Américains.
Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques il y a 22 ans. De même, officiellement pour les Etats-Unis, l’Iran fait toujours partie des pays qui soutiennent le terrorisme international. Mais la condamnation des attentats de mardi dernier a été très positivement appréciée à Washington mais aussi en Europe.
En effet, les messages de sympathies à l’égard des Américains se sont multipliés ces derniers jours. Ainsi, il y a deux jours, le maire de Téhéran, un réformateur, a envoyé un message de condoléances au maire de New York.
Surtout, vendredi dernier, pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, le traditionnel slogan «Mort à l’Amérique» n’a pas été scandé lors de la prière du vendredi.
Mais les Iraniens ne veulent pas précipiter le mouvement. En effet, l’Iran a rejeté toute possibilité de participer à une coalition internationale dirigée par les Américains demandant que la lutte contre le terrorisme soit plutôt confiée aux Nations unies. C’est plus rassurant.
Siavosh Ghazi, Téhéran
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