Johan Djourou à nouveau sur le grill
(Keystone-ATS) «Johan Djourou demeure l’un de mes leaders. Mais parfois, un leader peut se retrouver sur le banc.» Avant d’affronter à Lettonie, Vladimir Petkovic a assuré qu’il comptait toujours sur le Genevois.
La présence de Johan Djourou aux côtés du sélectionneur au cours de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match se voulait être un signal fort. Remplaçant lors du match de jeudi face à Andorre, le Genevois retrouvera sa place dimanche soir à Riga où il honorera sa septantième sélection. Le sélectionneur a sans doute estimé que l’enchaînement de deux matches en l’espace de trois jours seulement était sans doute trop «ardu» pour un homme en mal de temps de jeu. La remarque vaut également pour Valon Behrami, lui aussi ménagé jeudi à Saint-Gall.
«Je ne ressens aucune rancoeur par rapport à jeudi soir, relève Johan Djourou. Nous avons la chance de compter lors de cette campagne sur un cadre aussi élargi. Le sélectionneur bénéficie aujourd’hui d’une très grande marge de manoeuvre pour plusieurs positions sur le terrain avec les jeunes qui sont en train de se révéler. Moi aussi, j’ai été un jeune qui a cherché à «bousculer» les titulaires. Nous pouvons être fiers d’avoir une telle équipe !»
Une question sur la légitimité de sa présence en sélection a conduit le Genevois à tenir avec force un discours auquel il a souvent recouru par le passé. «Je sais fort bien que l’on ne peut pas jouer jusqu’à 50 ans en équipe de Suisse. Mais je n’en ai que 30 ! Depuis des années, je dois faire face à ces mêmes interrogations sur mon niveau de jeu, lâche-t-il. Je sais parfaitement qu’une grande majorité de la presse est contre moi. Mais j’ai toujours fait le job !»
Les faits lui donnent raison. Depuis le naufrage de Salvador contre la France lors de la Coupe du monde 2014 (défaite 5-2), un naufrage qui fut avant tout collectif, Johan Djourou a toujours parfaitement tenu son rôle au coeur de la défense suisse. Il suffit de se rappeler sa brillante performance du 6 septembre dernier à Bâle lors du succès 2-0 contre le Portugal pour les trois coups de cette campagne de Russie.
Visiblement surpris par la tournure prise par cette conférence de presse, Ricardo Rodriguez, le second joueur convoqué devant les micros, est revenu sur la réalité du terrain, sur cette rencontre dimanche contre la «lanterne rouge» du groupe B. «Nous nous attendons à un match compliqué contre un adversaire qui va se replier devant son but, explique le joueur du Milan AC. Il faudra trouver des ouvertures. Jouer vite. Concrétiser. Mais nous allons prendre les trois points. Notre équipe est une très belle équipe. Je ne suis pas inquiet.» Il ne reste plus au Zurichois à transmettre cette belle sérénité à ses coéquipiers.