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L’armée américaine frappe l’Iran, qui bombarde ses voisins

Keystone-SDA

Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran lundi pour le deuxième jour consécutif, affirmant avoir frappé "des dizaines de cibles" pour nuire à son contrôle sur le détroit d'Ormuz. Téhéran a riposté en visant des bases militaires du golfe Persique utilisées par Washington.

(Keystone-ATS) La reprise des hostilités durant le week-end et l’annonce par l’Iran d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, ont fait repartir en forte hausse les cours du pétrole lundi matin.

Vers 00h30, heure de Téhéran (23h00 en Suisse), l’armée américaine a lancé une nouvelle série de frappes contre l’Iran. Un peu plus de cinq heures plus tard, elle a finalement annoncé y avoir mis fin.

Les forces américaines «ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations», a rapporté le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) sur le réseau social X.

Au moins un mort

D’après des médias d’Etat iraniens, ces bombardements ont visé de vastes zones de l’ouest et du sud de l’Iran, notamment l’île de Qeshm et Bandar Abbas, au niveau d’Ormuz, mais aussi la province du Khouzistan frontalière de l’Irak.

Une frappe américaine a tué au moins une personne et fait quatre blessés à Mahchahr, selon un responsable local cité par l’agence de presse officielle Irna. Elle avait fait état dimanche d’un mort et deux blessés dans l’île de Farur, dans le golfe Persique.

L’objectif affiché de Washington est identique à celui de dimanche: tenter d’empêcher Téhéran «d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux» dans le détroit d’Ormuz, selon le CENTCOM.

Les Etats-Unis accusent l’Iran d’avoir touché pendant le week-end le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, dans le détroit. Vingt-trois membres d’équipage ont été secourus et un reste porté disparu, a annoncé dimanche le sultanat d’Oman, qui poursuit les recherches.

Riposte iranienne

La diplomatie iranienne a «fermement condamné» les tout derniers bombardements américains et reproché à Washington d’avoir «réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois» visant à rétablir la paix dans la région.

En représailles, les gardiens de la révolution, armée idéologique de Téhéran, ont dit avoir bombardé des bases militaires du golfe Persique utilisées par l’armée américaine, en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït, selon l’agence de presse Irna.

L’agence officielle a fait état d’attaques contre les bases aériennes Prince Hassan en Jordanie et Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber au Koweït, ainsi que le centre de commandement de drones américain à Bahreïn.

A Bahreïn tôt lundi, comme la veille, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti. L’armée jordanienne a annoncé avoir abattu quatre missiles iraniens et celle du Koweït a annoncé être en train de combattre des «cibles aériennes hostiles».

La diplomatie iranienne accuse les Etats-Unis d’avoir «ouvertement violé quasiment tous les termes» du protocole d’accord conclu signé le 17 juin et causé le «retour de l’insécurité» dans le détroit d’Ormuz.

Détroit d’Ormuz fermé

Ce protocole d’accord prévoyait une réouverture du détroit, par lequel transite d’ordinaire un cinquième du brut mondial, Téhéran n’autorisant toutefois qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, en menaçant les navires contournant cet itinéraire.

Mais l’Iran a annoncé dimanche refermer le détroit jusqu’à nouvel ordre. «Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques et la République islamique d’Iran le protégera», a dit le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l’agence de presse Isna.

Le CENTOM a, lui, assuré qu’il restait ouvert: «l’Iran ne contrôle pas le détroit» et la circulation maritime s’opère, selon lui.

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